Dans les armoires de nos aïeux

Contenu du Dans les armoires de nos aïeux
31 janvier 2019 par Marie CARPENTIER

Caractéristiques d’une localité, les costumes traditionnels ne sont plus guère portés et appartiennent désormais au domaine du folklore. Le port des vêtements régionaux, disparu avec l’industrialisation et les modes successives, est aussi lié à l’histoire de la ruralité et des milieux populaires. L’un ne va pas sans l’autre car il est avant tout le reflet de la vie quotidienne de celui qui le revêt.

undefined
Scène de vie paysanne

En Lorraine, comme dans d’autres régions françaises, il est difficile de parler d’une unité du costume, du fait de notre histoire mais aussi des différences économiques ou climatiques de notre territoire. Néanmoins, on constate que le costume populaire lorrain se caractérise par sa sobriété. Il reste avant tout un vêtement pratique. Il doit être simple, solide et peu salissant pour la vie de tous les jours. À la fin du 18ème siècle, une attention plus particulière est portée aux dimanches et aux jours de fêtes. Ces changements surviennent à partir de la Révolution avec l’apparition d’un décret du 29 octobre 1793, portant sur la liberté du costume. Chacun devient libre de porter le vêtement qui lui convient, selon ses moyens et non plus selon sa classe sociale.

undefined
Umgegeng von Metz. Environs de Metz.

Au 19ème siècle, les femmes portaient une camisole à manches longues, boutonnée jusqu’au col, qui retombait sur une jupe plissée ou froncée selon la richesse avec par-dessus, un large tablier. Les dessous étaient composés d’une chemise ample, d’un ou de plusieurs jupons selon la saison, et seulement à partir de la fin du 19ème siècle d’une culotte fendue. Un fichu ou un bonnet venait couvrir la tête. La halette que l’on voit sur certaines cartes postales ou photographies anciennes servait à protéger du soleil lors des travaux d’été afin d’éviter les coups de soleil et les insolations.
Les hommes portaient quant à eux : une chemise, un pantalon à partir du 19ème siècle ou une culotte auparavant, une ceinture et des bas. À cela s’ajoutait une veste, une blouse pour travailler ou un gilet les jours de fêtes, ainsi qu’un couvre-chef. Dans le pays messin, les paysans pouvaient porter un bonnet bicolore terminé par une floche.

le costume mosellan
Le costume mosellan

Mais qu’en est-il alors du costume traditionnel féminin composé d’un châle et d’une charlotte, que l’on voit un peu partout dans l’iconographie du 20ème siècle ?

undefined
Anne Prillot en costume traditionnel lorrain

Il est apparu à la suite de l’annexion de 1870 de l’Alsace-Lorraine comme un symbole patriotique face au traumatisme de la guerre. Il fallait donc pouvoir distinguer immédiatement ces deux régions avec des éléments caractéristiques : le grand nœud noir pour l’Alsacienne, la charlotte, le châle, et la croix Jeannette pour la Lorraine ; et la cocarde aux couleurs de la France pour les deux. Le costume devient alors un emblème, une allégorie que l’on retrouve par la suite lors de nombreuses manifestations festives notamment à la fin de la guerre. Ainsi ce costume traditionnel construit de toutes pièces, ne fut jamais porté en tant que tel dans la vie de tous les jours. Cela n’empêche, en regardant ces vieilles photographies, qu’elles sont jolies ces petites lorraines !

undefined
Alsacienne et Lorraine
undefined
Un joli groupe de petites Lorraines, en costume national, attendant l'arrivée des Troupes Françaises à Metz le 19 novembre 1918

 

Sources:

L’élégance et la nécessité, Costumes de Lorraine, Collection des musées de Lorraine, Editions Serpenoise, 2001
Le Costume lorrain, costume rural dans la Meurthe au XIXème siècle, Aline Royer-Robert et Marie Royer, Edition Jean-Marie Cuny, 1983

Découvrez également

14 décembre 2018
Contenu du Les Îles volantes dans notre imaginaire

Les Îles volantes dans notre imaginaire

L'artiste Mélanie Vialaneix nous propose de découvrir plusieurs petites îles volantes gravées à l'eau forte dans son livre Petits Mondes suspendus. Ce type d'île est présent dans notre imaginaire notamment grâce à celle de Laputa, qui est une destination de Gulliver dans ses Voyages.