La chapelle des Templiers de Metz

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Installation des templiers à Metz.

Les Templiers, ordre religieux et militaire fut créée à Jérusalem en 1119 par Hugues de Payens et six chevaliers. Ces moines-chevaliers avaient pour mission de protéger les pèlerins sur la route de la Terre Sainte. L'Ordre va très rapidement s'enrichir grâce à de nombreux dons.

C'est ainsi qu'en 1133, les Chevaliers du Temple s'installent à Metz. L'abesse du couvent des Bénédictines de Sainte-Glossinde leur donna la chapelle Saint-Maurice, construite en dehors des murs près de l'ancienne Porte Saint-Thiébault. Les Templiers vont bénéficier d'importantes donnations, ce qui va les amener à délaisser leur petite chapelle. Ils vont se faire construire une commanderie entre 1180 et 1200 à proximité de l'église Saint-Pierre-aux-Nonnains.

Lors de la dissolution de l'Ordre en 1312, une partie de leurs biens revint à l'Ordre des Chevaliers Teutoniques et la commanderie aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (Ordre de Malte), leurs grands rivaux.

 

Description de la chapelle des Templiers.

Comme la chapelle des Templiers à Laon, elle a été construite selon un plan octogonal. Le chiffre huit correspond au nombre de la Résurrection. La date de construction de la chapelle est incertaine. Mais des comparaisons stylistiques la rendent comtemporaine de l'église Saint Maximin à Metz, érigée entre 1191 et 1200. 

Orientée vers l'est, elle forme un octogone dont le diamètre intérieur est de 8,40 m dans le sens Nord-Sud et de 8 m dans le sens Est-Ouest. A l'opposé de l'entrée est disposé un choeur restangulaire d'une largeur de 3,65 m et d'une profondeur de 4,30 m . Le fond de ce choeur est constitué d'une abside circulaire profonde de 2,75 m. Les dimensions extérieures de la chapelle sont de 17 m sur 11,15 m. Son architecture se caractérise par la transition entre l'art roman, avec ses murs épais percés d'ouvertures étroites, et l'art gothique avec son abside en cul-de-four et ses voûtes sur croisées d'ogives. Une niche latérale conserve des peintures du XIVe siècle et une croix des Templiers est gravée sur le linteau. Une des deux portes est surmontée de la croix pattée de l'Ordre du Temple. Des vestiges montrent l'existence d'une salle capitulaire disparue (peut-être l'édifice détruit en 1904). Des enfeus devaient abriter à l'extérieur les sépultures templières. D'autres richesses peuvent être observées dans l'édifice, comme la clé de voûte sculptée à l'effigie du Saint Esprit symbolisé par une colombe.

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Oratoire des templiers

La chapelle fut probablement décorée de fresques dès sa construction. Cependant, on en ignore l'ampleur et l'ordonnancement. Une partie des fresques datant du XIVe siècle est conservée dans une petite niche côté méridional de la rotonde. La vierge est représentée assise sous un arc trilobé. Sa main gauche tient un crucifix et l'index de sa main droite désigne le Sauveur, personnage situé sur le côté gauche de la fresque. Sur la droite de la fresque, trois éléments en forme de roue semblent indiquer le Martyre de Sainte-Catherine.

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Oratoire des Templiers

Le destin de la chapelle du XVIe au XXe siècle.

En 1556, le maréchal de Vieilleville, premier gouverneur des Trois-Evêchers, décide la construction d'une citadelle aux dépens de plusieurs édifices religieux dont l'ancienne commanderie des templiers. En 1840, Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments Historiques, sauve la chapelle  quasiment en ruine en l'inscrivant sur la première liste des monuments historiques. Mais en 1860 elle est de nouveau menacée lors de la création de la caserne Ney et de l'Arsenal. Classée au titre des monuments historiques, la chapelle échappe de justesse à la destruction et est transformée en magasin de poudre.

Une première restauration est effectuée en 1882. Elle concerne le remplacement partiel des jambages de fenêtres et la mise en place d'une corniche avec cheneaux et gargouilles. En 1900, elle est transformée en centrale téléphonique pour les liaisons militaires. Dès 1904, un projet de restauration est élaboré car l'Empereur Guillaume II souhaite préserver et restaurer la chapelle des Templiers. Il s'adresse à Hermann  Schaper  de Hanovre (1853-1911), peintre et décorateur renommé pour refaire la décoration intérieure. La ville de Metz rachète pour une somme symbolique (100 marks) la chapelle et le terrain environnant. Elle prend à sa charge le coût de la restauration évalué à 35 000 marks avec une contribution du Reichland, et s'engage à respecter le projet de Hermann Schaper, agréé par l'Empereur. La restauration du bâtiment est confiée en 1906 à l'entreprise Mungenast. 

Les travaux de remise en état se terminent en 1908. La restauration des peintures murales et des vitraux peuvent commencer. Ainsi, de 1910 à 1913, toute la surface intéreure de l'édifice est recouverte d'un ensemble de fresques d'après les dessins d'Hermann Schaper. C'est le peintre Schwarting de Hanovre qui réalise les fresques visibles actuellement. Le style semble emprunté autant aux mosaïques de Ravenne qu'à l'art roman. Il fait référence, comme souvent dans l'art religieux allemand, à l'Ancien et au Nouveau Testament.

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Metz - Intérieur de l'Oratoire des Templiers XIIIe s.

Durand la même période, un atelier munichois reconstruit les vitraux dans le même esprit du XIIIe siècle. Les trois vitraux de l'abside sont consacrés à la vie du Christ (la Nativité, la Passion et la Résurrection) avec des figures simples et une gamme de couleurs limitée comme les premiers vitraux de Chartres. Les deux vitraux de l'avant-choeur sont plus originaux. ils sont dédiés à l'activité des chevaliers du Temple. Ils sont accompagnés de légendes allemandes et se réfèrent plus à l'art du XIVe siècle avec des personnages aux traits individualisés.

Actuellement le chapelle des Templiers est utilisée comme lieu d'expositions d'art moderne. Son charme opère toujours et en fait un lieu romantique. Visiteurs et promeneurs apprécient l'atmosphère si particulière de ce quartier de l'Arsenal et de Saint-Pierre-aux-Nonnains.

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Oratoire des templiers, à Metz

 

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