Les débuts de l'aviation militaire pendant la Grande Guerre (1914-1918)

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25 juillet 2025 par Jean-Michel Poiret

L'aéronautique militaire française : une arme en devenir

Depuis les exploits de Blériot et de Roland Garros, l'aviation connaît en quelques années une prodigieuse évolution technologique

En 1909, l'armée, qui a été longtemps réticente à utiliser l'avion dans le cadre d'un conflit, crée les premières bases aériennes, les premières escadrilles, et les premières écoles d'aviation militaire dispensant des brevets de pilote. L'aéronautique militaire devient en quelques années la cinquième arme aux côtés de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie.

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L'Aéroplane Blériot abîmé après une chute de 10 mètres de haut

L'aviation allemande bombarde le territoire lorrain

Dès le début des hostilités, les Allemands survolent et dominent l'espace aérien lorrain. Les aviateurs n'hésitent pas à lancer des bombes incendiaires et des fléchettes sur les bâtiments civils, les monuments, provoquant la terreur parmi la population et des dégâts matériels importants. 

À Nancy, les monoplans Taubes allemands sont régulièrement signalés par le tocsin et les sirènes, invitant les habitants à se réfugier dans des caves voûtées, signalées par une croix de Lorraine peinte en rouge, ou dans des abris-refuges fraîchement construits et pouvant contenir jusqu'à 150 personnes.

Bombe incendiaire lancée par un "Taube", à midi et demi, le dimanche 27 décembre 1914 et tombée rue Lionnois, Nancy

Le 26 décembre 1914, un zeppelin allemand échappe à la défense anti-aérienne et survole Nancy au petit jour. Il lance une douzaine de bombes tuant deux personnes et provoquant des dégâts matériels importants, notamment la toiture et les vitraux de la basilique Saint-Epvre. Le Palais ducal et la chapelle ronde de la Visitation échappent de peu à la destruction. 

Les bombardements, les incessantes visites et tentatives des avions allemands, poussent de nombreux nancéiens à quitter la ville pour se réfugier à Lyon, à Dijon, à Poitiers ou à Paris. La municipalité prend des mesures pour protéger la porterie du Palais ducal et les fontaines de la place Stanislas et de la place d'Alliance.

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Nancy : dégâts causés à l’église Saint-Epvre, par les bombes du Zeppelin, le 26 décembre 1914

Les aviateurs allemands, qui bombardent régulièrement Nancy, prennent aussi des risques et ce malgré leur supériorité et efficacité au début du conflit. 

La chasse aux Taubes par les aviateurs français, parfois à plus de 3000 mètres d'altitude, se révèle de temps en temps payante. Surtout quand l'armée réussit à récupérer sur le champ de bataille un avion boche abattu durant un duel dans le ciel lorrain. C'est l'occasion, après une prise d'arme en bonne et due forme, d'admirer une jolie prise de guerre exposée sur la place Stanislas. Tant de souffrance mérite bien une petite récompense.

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Un des avions allemands, venus pour jeter des bombes sur Nancy, exposé dans cette ville après avoir été abattu dans la région de Nomeny
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Avion capturé dans les environs de Pont-à-Mousson le 14 janvier 1917, exposé à Nancy place de l'Hotel de ville

Pas de victoire possible sans la maîtrise du ciel

Durant la bataille de Verdun, l'armée française met les bouchées doubles pour augmenter le nombre et l'efficacité de leurs avions et faire face à la supériorité tactique et logistique de l'armée allemande, qui provoque de nombreux dégâts sur les lignes de défense française. 

En 1916, c'est près des deux tiers de l'armée française qui combattent pour sauver Verdun. C'est aussi les deux tiers de l'aviation qui sont présents dans la bataille notamment pour l'observation et le renseignement tactique afin de déceler les intentions de l'adversaire. C'est une question de vie ou de mort. La bataille de Verdun inaugure la première bataille aérienne de l'Histoire entre les deux ennemis jurés. 

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Le Sous-Lieutenant aviateur André Quennehen tué à Velizy le 1er Juin 1916 en essayant un appareil

L'aviation de chasse française prend son essor

Les incursions des aéronefs ennemis dans l'espace aérien français sont de plus en plus récurrentes et s'amplifient notablement durant la bataille de Verdun. Elles sont aussitôt signalées et contrecarrées par la riposte de l'infanterie, des artilleurs et par l'aviation organisée en escadrille. 

Toutes les escadrilles aériennes ont combattu dans le ciel de Verdun. Le corps des aviateurs composé de soldats, de sous-officiers et d'officiers appartenant à toutes armes sont prêts à se confronter aux meilleurs pilotes chevronnés Allemands et à mourir pour la patrie. Ils s'affrontent au révolver, à la carabine puis assez rapidement à la mitrailleuse

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Biplace Henry Farman, 80 chevaux, Moteur Gnôme piloté par l'Aviateur Spinalien René Cornement

Des aviateurs distingués par leur bravoure durant le conflit

Les bons pilotes de chasse se caractérisent par leur sang-froid et leur courage. Parmi eux, quelques-uns ont marqué l'histoire de l'aéronautique militaire française. 

Georges Guynemer et le lorrain René Fonck ont la réputation d'avoir abattu de nombreux "boches" au dessus des champs de bataille. Ils sont les "as des as" : intrépides, audacieux et sans peur, ayant appartenu à la fameuse escadrille les Cigognes. Ils sont souvent accompagnés ou assistés de leurs mitrailleurs, de leurs observateurs, de leurs canoniers mais aussi et surtout de leurs mécaniciens qui n'hésitent pas, dans certaines situations périlleuses, à intervenir en plein vol sur le moteur ou la carlingue de l'avion.

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Carte postale représentant le maître d'armes André Quennehen et son mécanicien Petit dans leur biplan attaché à l'escadrille de frontière d'Epinal

 

 

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