Visiter Metz : un parcours architectural et historique

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Visiter Metz : un parcours architectural et historique

Grâce à notre carte interactive, arpentez librement les rues de Metz pour découvrir ses nombreux édifices remarquables et en apprendre plus sur l’histoire parfois insolite de ces lieux !

Porte Serpenoise

La porte qui existe aujourd’hui est une reconstruction édifiée au XIXe siècle, mais il s’agit à l’origine d’une des plus anciennes portes de la ville, datant de l’époque gallo-romaine. Située dans l’axe du cardo maximus, elle marquait la limite sud de la ville. Elle sera intégrée à de nouvelles fortifications durant l’époque médiévale puis progressivement abandonnée.

Réaménagée en 1851 au moment de la construction de la première gare de Metz, elle sert de tunnel traversant les remparts pour relier la gare avec la ville. Les fortifications sont finalement démantelées en 1903 et la porte est remaniée sous sa forme symbolique actuelle, sur laquelle ont été apposées des inscriptions gravées évoquant son rôle dans divers évènements historiques. Elle fut renommée « Prinz Friedrich Karl-Thor » pendant l’annexion.

Chambre de commerce

Cet édifice construit entre 1905 et 1907 abritait à l’origine la Reichsbank (Banque impériale). Situé sur le nouveau Kaiser Wilhelm Ring (avenue Foch), ce bâtiment de grès rose a été conçu par la firme allemande Curjel & Moser selon un style Louis XVI relativement classique afin qu’il s’intègre bien à son environnement. Il témoigne malgré tout, conjointement avec l’Hôtel des Arts et Métiers qu’il a en regard, de l’importante germanisation de ce quartier pendant l’annexion. L’édifice abrite aujourd’hui la Chambre de commerce et d’industrie de la Moselle.

Hôtel des Postes

Construit entre 1907 et 1911, l’Hôtel des Postes devait répondre à deux impératifs. Premièrement, un impératif esthétique : afin d’unifier le paysage urbain de Metz, l’empereur Guillaume II souhaitait en effet que tous les bâtiments édifiés à proximité de la nouvelle gare le soient dans le style néo-roman qu’il affectionnait. L’architecte allemand Ludwig Bettcher a suivi ces recommandations pour concevoir un édifice à la fois imposant et fonctionnel. Deuxièmement, un impératif stratégique : cette proximité délibérée avec la gare devait en effet permettre un acheminement rapide et efficace du courrier en cas de conflit.

Hôtel Saint-Livier

Cet hôtel particulier édifié au XIIe siècle est l’édifice civil le plus ancien de Metz. La légende veut qu’il ait été construit à l’endroit où serait né saint Livier, martyr chrétien qui participa à la défense de la ville lors de l’invasion de la cité par les Huns et fut décapité pour avoir refusé de renier sa foi.

L’édifice mêle à la fois les caractéristiques d’une demeure patricienne avec celles d’un bâtiment plus défensif, comme en témoigne sa tour crénelée. Remanié plusieurs fois au cours de son histoire, ses façades présentent des éléments issus de différentes périodes architecturales. L’hôtel a appartenu à plusieurs familles prestigieuses, comme les de Gournay au XVIe siècle, et Charles Quint y a même séjourné en 1540. Le bâtiment abrite depuis 2004 le Fonds régional d’art contemporain de Lorraine.

Hôtel Royal

Cet hôtel de luxe situé le long de l’avenue Foch a ouvert ses portes en 1905. Avec sa façade de style néo-roman, il s’intègre parfaitement dans le nouveau quartier moderne souhaité par l’empereur Guillaume II. Ce dernier a d’ailleurs séjourné dans l’Hôtel Royal en 1908, à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle gare. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande réquisitionne l’édifice pour y installer son état-major.

Temple Neuf

Le Temple Neuf est un édifice construit pendant l’annexion pour servir de lieu de culte à la communauté protestante messine. L’empereur Guillaume II lui-même est présent au moment de la pose de la première pierre en 1901. Il reviendra, accompagné de son épouse, pour l’inauguration du temple en 1904.

Conçu par l’architecte allemand Conrad Wahn, le bâtiment est construit en grès gris des Vosges et adopte un style néo-roman inspiré des cathédrales rhénanes. Il tranche ainsi nettement avec son environnement immédiat, en particulier avec le classicisme français de l’Opéra-Théâtre. Les nombreuses sculptures du décor sont de la main de Thimoléon Guérin, élève du sculpteur Auguste Dujardin, qui a contribué à la restauration de la cathédrale de Metz durant l’annexion.

Rue des Tanneurs

Située au sud-est de la colline Sainte-Croix, dans l’Ancienne Ville, cette rue autrefois appelée « fossé des Tanneurs » doit son nom au fait qu’elle a été autrefois occupée par des tanneurs de peau qui avaient installé leurs ateliers le long du canal de la Seille. Ils se servaient de l’eau de la rivière pour laver leurs peaux et les transformer en cuir. Le développement d’une concurrence forte a entraîné leur disparition au tout début du XXe siècle, et la rivière fut comblée en 1905 par les autorités allemandes du fait de l’insalubrité des lieux, propices à la diffusion des épidémies. La rue nouvellement créée fut ainsi nommée rue des Tanneurs.

Moulin des Thermes

Situé en bas de la colline Sainte-Croix, le moulin des Thermes (ou Termes) est un site très ancien. On date la construction du mur de l’écluse vers 1514, et celui-ci aurait été bâti avec des pierres de taille provenant de plusieurs sites gallo-romains. Le moulin quant à lui fut la première source d’électricité à Metz, vers 1900, pour alimenter les lampes du Théâtre. Deux hypothèses existent pour expliquer l’étymologie du nom : il fait soit référence au « terme » dans le sens de limite de terrain (du latin terminus), soit à l’ancien site thermal de Metz, dont quelques vestiges ont été conservés.

Dans l’un des piliers de la digue une femme a été sculptée dans la pierre. Elle est encadrée par deux autres statues datées de l’époque gallo-romaine. La statue centrale représente une femme debout vêtue d’une robe et d’un manteau : prise pour une représentation de la Vierge, elle a été surnommée la Vierge du Moulin.

Porte Sainte-Barbe

Édifiée au XIIIe siècle et originellement dénommée porte du Pont de Reugmont, cette petite porte de ville est renommée Sainte-Barbe au XVIe siècle du fait de la présence à proximité d’un lieu de pèlerinage dédié à cette sainte.

En partie démolie au XVIIe siècle, elle continua d’exister sous la forme d’un passage voûté, visible sur cette photo, jusqu’à sa destruction complète en 1904. La devise qui la surmontait (« Si nous avons paix dedans, nous avons paix dehors ») a cependant été conservée et se trouve aujourd’hui au musée de la Cour d’or.

Hôtel des Arts et Métiers

Édifié sous l’Annexion entre 1907 et 1909, cet hôtel a été construit pour accueillir le Comité central des corporations réunies de Metz, constitué en 1900. Il devait aussi abriter un tribunal de commerce et un tribunal des Prud’hommes. Avec sa façade de grès rose et de granit gris, le bâtiment offre un témoignage éclatant de la germanisation du paysage urbain dans la Nouvelle Ville. Le style de l’édifice, dû à l’architecte alsacien Gustave Oberthür, s’inspire en effet de l’architecture urbaine de la Renaissance allemande.

Bien que conçu pour renforcer l’influence allemande dans le paysage messin, l’édifice se veut aussi, avec ses riches décors, une défense et illustration de l’artisanat mosellan. Le passant pourra apercevoir, perché au sommet du pignon central, la silhouette d’un héraut portant les armes de la ville.

Tour Camoufle

Construite à l’emplacement d’une ancienne enceinte fortifiée datant de l’époque gallo-romaine, la tour Camoufle est édifiée vers 1437. Elle doit son nom au maître bombardier messin Jacob de Castel, surnommé « Camoufle », dont l’habileté au tir était tellement impressionnante qu’on le soupçonnait d’user « d'art magique »… La tour isolée se trouve aujourd’hui dans un petit square, les murs qui l’entouraient ont été détruits au moment de la création de l’avenue Foch.

Hôtel du Passetemps

Cette tourelle octogonale qui surplombe la Moselle est le seul vestige d’un ancien hôtel particulier datant du XVe siècle. Pierre Baudoche, maître-échevin de Metz et membre d’une des familles les plus importantes de la ville, fit en effet construire cette riche demeure entre 1486 et 1488 sur l’emplacement d’un ancien moulin. Rappelant cette anecdote, les passants pouvaient lire cette inscription sur le portail d’accès : « Passetemps pour gens solacier / Est nommée ceste maison, / Qui par avant longue saison / Se nommait le mollin Grangier ».

Caponnière Dex

Cette caponnière se situe près de la tour Dex, construite en 1527 par Philippe III Dex, alors gouverneur des Murs en charge de l’entretien des fortifications de la ville.

Ce poste de tir fortifié se distingue par un détail remarquable qui a été redécouvert en 1855 lors de la mise à sec de la Seille : parmi les bas-reliefs qui ornent la caponnière se trouve en effet une représentation du Seigneur Dex lui-même, narguant l’ennemi dans une position plutôt surprenante…

Porte Saint-Thiébault

La porte Saint-Thiébault est construite en 1612 pour s’intégrer aux nouvelles fortifications de la ville. Elle doit son nom à l’ancienne collégiale Saint-Thiébault qui était située à proximité. Le maréchal Belle-Isle, gouverneur de Metz, décide de la faire déplacer en 1739 vers l’endroit où se trouve maintenant la place Saint-Thiébault. La porte était surmontée de cinq statues, dont une de Louis XIV, qui ont été retirées par les Allemands pendant l’annexion (les socles sont encore visibles sur cette photo).

Bien qu’elle ait été totalement détruite en 1909, il est encore possible de contempler, sur la façade de l’immeuble situé au 38 avenue Foch, un panneau sculpté représentant cette porte disparue.

Kaiser Wilhelm Ring (avenue Foch)

L’empereur Guillaume II a grandement contribué à l’aménagement urbain de Metz pendant l’annexion. Souhaitant germaniser et moderniser la ville, il ordonne d’abord en 1898 la démolition d’une partie des remparts de l’ancienne enceinte fortifiée. Il attribue ensuite à Conrad Wahn, architecte en chef de la ville à partir de 1887, la mission de proposer un plan d’extension, approuvé en 1901.

L’une de ces réalisations remarquables est la création d’une avenue reliant Ancienne et Nouvelle Ville, le Kaiser Wilhelm Ring. Cet axe central de communication, renommé par la suite avenue Foch, permet au passant d’admirer à la fois des vestiges du lointain passé messin, tels que la tour Camoufle, en même temps que les nouvelles réalisations architecturales d’inspiration germaniques, comme l’Hôtel des Arts et Métiers, tous deux visibles sur cette carte postale.

Basilique Saint-Vincent

Sur l’emplacement de cette basilique se trouvait à l’origine un oratoire dédié à saint Vincent de Saragosse, réputé être le patron des vignerons. En 968 une abbaye est fondée sur ce même emplacement par l’évêque de Metz, Thierry Ier. Elle accueillera des reliques de saint Vincent et de sainte Lucie, faisant de celle-ci un important lieu de pèlerinage.

En 1248 l’abbé Warin fait construire à la place de l’abbaye cette église gothique, achevée en 1376. De multiples incidents affecteront l’édifice au cours des siècles suivants, nécessitant la construction d’une nouvelle façade au XVIIIe siècle dans un style néoclassique, tranchant nettement avec l’allure gothique du reste du bâtiment. Les deux statues de sainte Lucie et de saint Vincent présentes dans les niches de la façade ont quant à elles été ajoutées tardivement en 1899.

Grenier de Chèvremont

Ce bâtiment massif, dont les créneaux indiquent le caractère médiéval, a été édifié en 1457 à l’emplacement d’une grange. Il devait au départ servir à entreposer des pièces d’artillerie, mais il est cependant très tôt transformé en grenier communal et destiné à la conservation des céréales, fonction qu’il gardera jusqu’au XIXe siècle. Les nombreuses fenêtres en façades permettaient une bonne aération des espaces de stockage.

Ce grenier remplissait une fonction aussi bien utilitaire que symbolique : permettant à la ville de disposer de ressources pour résister en cas de siège ou de pénurie, l’édifice reflétait aussi, par son importance, la prospérité de la ville. Le bâtiment est désormais intégré au Musée de la Cour d’Or et accueille une collection de statuaire religieuse médiévale au rez-de-chaussée.

Palais de Justice

Cet édifice devait servir à l’origine de logement au gouverneur militaire de la province des Trois-Évêchés. Sa construction débute en 1778, suivant les plans de l’architecte Charles-Louis Clérisseau, mais les travaux sont interrompus par la Révolution. Le bâtiment sera achevé au tout début du XIXe siècle. Après avoir servi quelque temps d’administration départementale puis de tribunal révolutionnaire, il est transformé en Palais de Justice en 1806.

La fonction militaire du bâtiment se reflète dans la sobriété classique de son agencement ainsi que dans ses décorations sculptées. Le portail d’entrée est ainsi encadré par deux trophées militaires et surmonté d’un groupe sculpté symbolisant la Clémence, tandis que les deux frontons gauche et droite des façades principales représentent, respectivement, Mars et Minerve.

Hôtel de Burtaigne

Cet hôtel particulier de style Renaissance a été édifié au XVIe siècle par Michel de Gournay, maître-échevin de Metz entre 1516 et 1519 et membre des Paraiges, l’une des grandes familles patriciennes de la ville. Les angles des fenêtres ont été sculptés avec des têtes d’hommes et d’animaux, mais ce n’est qu’au XVIIIe siècle que le fronton est doté d’un oculus (ouverture circulaire).

Pendant le siège de Metz par Charles Quint, l’hôtel sert de quartier général au duc de Guise qui défend la ville. Il sera plus tard utilisé comme lieu de réunion par les protestants, jusqu’à la révocation de l’Édit de Nantes. L’hôtel doit son nom à l’un de ses propriétaires, M. Bretagne, qui a racheté le bâtiment au XVIIIe siècle : son nom sera progressivement déformé pour aboutir à « Burtaigne ».

Caserne Ney

Cette ancienne caserne du Génie, appelée aussi caserne Ney, a été construite entre 1833 et 1842 par le colonel Firmin-Claude Parnajon. De style néoclassique, ce bâtiment militaire en forme de U est surtout remarquable grâce à ses pavillons décorés qui encadrent l’entrée de la caserne. Ses trophées militaires en relief ont été dessinés par les frères Antoine et François-Désiré Husson et réalisés entre 1852 et 1854 par le sculpteur messin Gustave Hennequin.

Place Saint-Jacques

À l’origine cette place était située devant une église du même nom. L’église Saint-Jacques fut concédée au chapitre de la Collégiale de Saint-Sauveur en 1137, mais les deux édifices furent démolis au XVIe siècle, permettant l’agrandissement de la place. Cette dernière accueille depuis le XVIIIe siècle un marché et à partir de 1832 une massive halle aux légumes est même édifiée sur la place. Des travaux de creusement du sol ont permis de mettre au jour des vestiges romains ainsi que des restes de l’ancienne église. La halle fut finalement démolie au tout début du XXe siècle du fait de sa vétusté et du caractère insalubre de l’endroit.

La colonne qui se dresse sur la place fut construite en 1924 et doit son origine à un vœu formulé par les catholiques messins pendant la guerre de 14-18, qui ont exprimé le souhait qu’une statue de la Vierge soit édifiée si Metz était épargnée par le conflit.

Porte des Allemands

Cette porte fortifiée doit son nom à un hospice construit vers 1230 par les Frères Hospitaliers de Notre-Dame des Allemands, situé à proximité. Elle constitue un impressionnant vestige du passé médiéval de la ville car sa partie la plus ancienne date en effet du XIIIe siècle. Elle connaîtra par la suite de nombreuses modifications, dont l’ajout d’une nouvelle porte en 1445 et l’intégration aux fortifications prévues par Vauban pour la ville au XVIIIe siècle, puis plusieurs campagnes de restauration au XIXe siècle.

Metz en devient propriétaire en 1900 et y ouvre un « Musée du Peuple messin » pour exposer des vestiges et autres objets d’intérêt historique local. On y exposait notamment une guillotine utilisée pendant la Révolution, surnommée « Louisette » en référence au nom de son créateur, le chirurgien Antoine Louis, originaire de Metz.

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Église Saint-Clément

Cette église située dans le quartier du Pontiffroy est remarquable grâce à son éclectisme en matière de style architectural. Construit à partir de 1683, l’édifice est conçu à l’origine par l’architecte italien Jean (Giovanni) Spinga. Sa façade, qui combine à la fois des éléments médiévaux et néoclassiques, est cependant plus tardive : édifiée par les architectes messins Louis et Claude Barlet, elle n’est achevée qu’en 1737.

L’église doit son nom à un personnage semi-légendaire de l’histoire de Metz. Saint-Clément fut en effet le premier évêque de Metz, arrivé dans la ville vers la fin du IIIe siècle, quand celle-ci était encore sous influence romaine. Selon la légende, il aurait chassé un dragon qui terrorisait les habitants de la ville, le fameux Graoully, en le conduisant sur les bords de la Seille.

Corps de garde

Au XVIIIe siècle, le maréchal de Belle-Isle lance un certain nombre de projets qui vont transformer l’architecture urbaine de Metz. L’un de ces projets consiste à repenser le quartier de la cathédrale en créant une nouvelle grande place, la place d’Armes, entraînant la démolition du cloître et des églises qui entouraient la cathédrale. Cette nouvelle place sera entourée de plusieurs bâtiments publics comme l’Hôtel de ville ou le Corps de garde, tous deux réalisés par l’architecte Jacques-François Blondel.

La construction du Corps de garde débute en 1761 et va durer dix ans. De style néoclassique, l’édifice est surmonté d’un fronton sculpté qui trahit son origine militaire malgré les changements d’affectation du bâtiment au cours de l’histoire : après avoir été racheté par la ville de Metz en 1929, il accueillera successivement la Caisse d’épargne, l’Hôtel du District et enfin l’Office de tourisme.

Palais du Gouverneur

Édifié entre 1902 et 1905 sur l’emplacement de l’ancienne Citadelle, cet imposant palais a été construit pour servir de résidence au général commandant le XVIe corps d'armée de l’Empire allemand en Alsace-Lorraine, qui avait son siège à Metz.

L’édifice a été conçu dans un style éclectique typique de la Renaissance allemande, mêlant des éléments gothiques avec d’autres inspirés de la Renaissance italienne. De nombreuses créatures étranges ornent la façade, notamment des mascarons basés sur la mythologie germanique. Le bâtiment est situé près de plusieurs ruines romaines et médiévales, en particulier les vestiges de la tour d’Enfer, construite en 1515 et remise au jour par des chercheurs allemands au XXe siècle.

Hôtel de Gargan

Cet édifice situé en Nexirue a été construit au XVe siècle. D’allure plutôt austère avec sa toiture basse cachée par un mur-écran crénelé, le bâtiment fut remanié plusieurs fois et mélange par conséquent des éléments gothiques avec d’autres éléments qui révèlent une influence italienne et romane.

L’hôtel de Gargan a eu plusieurs vies. D’abord demeure patricienne, il est en partie transformé en salle de jeu de paume à la fin du XVIe siècle. Le roi Henri IV y a même joué lors de son passage à Metz en 1603. L’édifice est finalement transformé en salle de spectacle à la fin du XVIIe siècle. Après l’ouverture de l’Opéra-Théâtre en 1752, la salle est surnommée la « Vieille Comédie » jusqu’à sa fermeture définitive en 1799 suite à l’effondrement d’une galerie sous le poids des spectateurs.

Temple de Garnison

Le Temple de Garnison était un temple protestant de style néogothique construit entre 1875 et 1881. Du fait d’une forte présence militaire allemande dans la ville pendant l’annexion, les autorités avaient en effet décidé de faire construire un lieu de culte à destination des soldats protestants. L’édifice sera suivi quelques années plus tard par le Temple Neuf, destiné cette fois à un public religieux plus large.

Abandonné en 1918 avec le retour de la Lorraine à la France, le Temple de Garnison est par la suite endommagé par des bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale avant de subir un incendie en 1946. Le clocher du temple, qui s’élève à plus de 90 mètres, est le seul vestige qui demeure aujourd’hui de cet ancien lieu de culte, témoignage remarquable de la germanisation de la ville.

Magasin aux vivres

Après l’échec du siège de Metz par Charles Quint en 1552, le roi Henri II décide de faire construite une Citadelle bastionnée dans la ville pour améliorer ses défenses. Débutés en 1556, les travaux se poursuivront jusqu’en 1564 sous la direction du Maréchal de Vieilleville. Le magasin aux vivres est construit en 1559 au cœur de la Citadelle afin de servir au stockage des vivres de la garnison de Metz, notamment dans l’éventualité d’un nouveau siège.

Cet imposant bâtiment, témoignage remarquable de l’architecture militaire de l’Ancien Régime, constitue aujourd’hui l’un des derniers vestiges de la Citadelle : celle-ci fut en effet démantelée à partir de la fin du XVIIIe siècle. Racheté par des investisseurs privés dans les années 2000, l’édifice abrite aujourd’hui un hôtel et un restaurant gastronomique.

Ancienne gare

Après l’incendie de la première gare de Metz en 1872, les autorités allemandes décident de faire construire une nouvelle gare plus grande et plus solide. Le projet est confié à l’architecte allemand Johann Eduard Jacobsthal, à qui l’on doit également la gare de Strasbourg-Ville. Cette nouvelle gare est édifiée dans le style Rundbogenstil, une variante allemande du style néo-classique apparue au XIXe siècle. Construite en pierre de Jaumont pour respecter la tradition locale, elle adopte une disposition en U, et les quais situés à l’arrière sont surmontés de deux grandes verrières.

Abandonnée en 1908 lors de la mise en service de la nouvelle gare néo-romane, elle devient le siège administratif de la direction des chemins de fer. Après la Première Guerre mondiale, les reliefs sculptés représentant des aigles impériaux qui ornaient les façades ont été remplacés par les armes de l’Alsace et de la Lorraine.

Place Saint-Louis

La place Saint-Louis est située à proximité de la première enceinte fortifiée de Metz, datant de l’époque gallo-romaine. Lorsque la ville s’étend au-delà de ses anciens remparts au cours du XIIIe siècle et que de nouvelles fortifications sont édifiées, des banquiers italiens installés à Metz font construire des maisons à arcades sur les fondations de l’ancienne enceinte démolie. Le lieu s’appelait d’ailleurs à l’origine la « place du change » et constituait la place marchande la plus importante de la ville. L’influence italienne est visible dans l’architecture de certaines maisons avec leurs toitures basses et leurs murs crénelés.

En 1707 le curé de Saint-Simplice acquiert une statue de Louis XIII qu’il érige sur une fontaine qui était située au centre de la place. La statue est faussement identifiée comme une représentation de Louis IX, dit « Saint Louis », donnant ainsi son nom actuel au lieu.

Hôtel de Gournay

Cet hôtel bâti au XVIIIe siècle était la demeure d’une des plus importantes familles patriciennes de Metz, les Gournay. Cette famille a compté de nombreux maîtres-échevins, ainsi que des militaires et des ecclésiastiques. Plus tard c’est la famille Lasalle qui s’installe dans cet édifice, et c’est dans cette demeure que naît en 1775 le célèbre général napoléonien Antoine Charles Louis de Lasalle, tué au combat lors de la bataille de Wagram en 1809.

Le bâtiment fût cédé à l’Armée française par Mademoiselle de Coëtlosquet. Transformé en Foyer du jeune soldat, il est renommé « Foyer Lasalle du Coëtlosquet ». Il abrite depuis 1970 l’Association Seniors Temps Libre. Le portail d’entrée, bâti en pierre de Jaumont, est surmonté d’un fronton triangulaire à l’intérieur duquel se trouve une plaque de marbre portant encore le nom « Hôtel de Gournay ».

Marché couvert

Situé à proximité de la cathédrale, cet imposant bâtiment en U s’inscrit, comme le Corps de garde et l’Hôtel de ville, dans le projet d’aménagement du nouveau quartier de la cathédrale souhaité par le maréchal de Belle-Isle au début du XVIIIe siècle. L’édifice, conçu par l’architecte Jacques-François Blondel, était au départ destiné à servir de palais épiscopal pour répondre à une demande de l’évêque de Metz. Prévue en 1762, la construction prend du retard et ne débute qu’en 1785 avant d’être interrompue par la Révolution.

Le bâtiment est ensuite saisi par l’État et il est d’abord envisagé de le transformer en Palais de Justice. Dans les années 1820 la ville rachète finalement l’édifice pour y abriter le marché couvert : les travaux de réaménagement sont confiés à l’architecte messin Pierre-Sylvestre Jaunez.

Église Notre-Dame

En 1642, le roi Louis XIII fait don aux Jésuites d’un temple calviniste à Metz. Ceux-ci décident alors de faire construire une église à cet emplacement. Débutée au cours du XVIIe siècle, la construction n’est achevée qu’en 1741. Cette église jésuite est remarquable grâce à son style architectural typique de la Contre-Réforme, et les Réformés messins l’ont d'ailleurs surnommée le « Crève-Cœur ».

En 1744, se rendant vers l’Est pour diriger ses armées lors de la guerre de Succession d'Autriche, Louis XV tombe gravement malade à Metz. Sa mort apparaît certaine et un Te Deum est chanté en son honneur dans l’église. Le prédicateur célèbre le roi sous l’appellation de « Louis le Bien-Aimé ». Miraculeusement sauvé, Louis XV conservera son surnom de « Bien-Aimé ». Un siècle plus tard, Paul Verlaine sera baptisé dans cette même église.

Chapelle des Templiers

Seul vestige d’une ancienne commanderie des Templiers fondée à Metz en 1180 et 1200, cette chapelle constitue un exemple remarquable d’église en rotonde, la seule de ce type existant encore en Lorraine. Son architecture avec plan central (en opposition au plan basilical, plus en longueur) est typique des constructions des Templiers. La commanderie est détruite au moment de la création de la Citadelle, et seuls subsistent alors la chapelle et une salle capitulaire située à proximité, mais cette dernière est finalement démolie elle aussi en 1904.

L’intérieur de la chapelle quant à lui est décoré avec de nombreuses fresques murales. Il s’agit pour la plupart de restaurations voire de recréations datant du début du XIXe siècle, dues au peintre Friedrich Schwarting et d’après des dessins de l’artiste Hermann Schaper, en charge du projet de restauration de l’édifice.

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Opéra-Théâtre

Le maréchal de Belle-Isle, gouverneur de Metz dans la première moitié du XVIIIe siècle, décide de faire aménager l’île du Petit Saulcy et d’y construire un théâtre. Le projet est confié à l’architecte messin Jacques Oger, qui conçoit un théâtre à l’italienne de style néoclassique. Les travaux commencent en 1738 et se poursuivront jusqu’en 1752, mais le décor sculpté n’est achevé qu’au cours du XIXe siècle par l’artiste messin Charles Pêtre : la façade principale est surmontée de diverses sculptures allégoriques et le fronton reçoit les armoiries de la ville.

La première représentation s’est déroulée le 6 février 1752. L’Opéra-Théâtre de Metz est aujourd’hui le théâtre français le plus ancien encore en activité.

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