Contenu du Diableries en Lorraine

Avez-vous entendu parler du Diable, l’avez-vous déjà croisé ? Nos aïeux, quant à eux, racontaient bien des histoires où il apparaissait. En Lorraine, on le dit à l’origine du nom de nombreux lieux.

Des pierres avaient une forme étrange, des eaux une couleur étonnamment sombre, des constructions étaient si belles ou curieusement inachevées. Pourquoi ? Nos ancêtres voyaient souvent dans tout cela une origine surnaturelle.
 

Un être polymorphe et maléfique

En Lorraine, on nomme le diable Maître Persin ou Hennequin, le Grand Bouc, le Vieux Gérôme, le Jolibois, le Jaune, le Dragon Rouge.
Chacun peut le rencontrer partout et sous des aspects divers : un animal, un homme hideux, un homme charmant. Son charme nous attire puissamment, sans que nous nous en rendions compte.
Le démon craint l’eau bénite, les signes de croix et tout ce qui s’apparente à la religion. Aussi les cloches, associées aux coqs et donc à la lumière du jour firent-elles fuir le diable à Toul. Les pierres qui se trouvaient dans sa hotte tombèrent et formèrent une petite montagne située près du Mont Saint-Michel, qu’on appela la Côte Barine .
Il s’oppose souvent aux prêtres ou aux saints, comme la fois où il voulut rattraper Saint Maurice au pied des Rochers-Mère-Henry et où celui-ci lui échappant, le Malin chuta de très haut !

 

Ses moyens d’action

Le démon sait diablement bien influencer les hommes, les attirer par ce qu’ils aiment et leurs petites faiblesses.
Dans les Vosges, on raconte par exemple qu’il y a longtemps le diable joua du violon. La musique fit oublier aux assistants qu’ils devaient se rendre à l’office. Alors, un gouffre s’ouvrit et des eaux engloutirent le lieu et chaque personne qui y dansait. Et c’est ainsi qu’est né le lac de La Maix. Il paraît que celui qui passe tout près de là entendra encore de nos jours des plaintes et des sons de cloches sortir de cette étendue d’eau très sombre .

Contenu du Diableries en Lorraine
Contenu du Diableries en Lorraine

Le diable à l'origine de nombreux lieux

Le domaine infernal se trouve souvent enfoui sous la terre. Aussi de nombreuses anfractuosités furent-elles baptisées du nom du démon. Dans les Vosges notamment, on connaît sept trous du diable ou trous de l’enfer.
Une légende raconte que le diable avait choisi la roche du Diable située à Xonrupt-Longemer pour y convoquer aux sabbats tous les esprits maléfiques.

Si Pierre Perrat a construit une cathédrale aussi belle et aussi haute que celle de Metz, de quelle aide aurait-il pu bénéficier si ce n’est de celle du diable ?
A Jouy-aux-Arches et à Pont-à-Mousson, le diable favorise la construction de ponts. A chaque fois, les hommes ont recours à un subterfuge pour échapper aux implications du pacte signé : à Jouy-aux-Arches, on imite le chant du coq pour faire fuir le diable ;  la dépouille de Pierre Perrat est emmurée dans la cathédrale de Metz et non pas enterrée ; à Pont-à-Mousson, un prêtre demande comme condition au Malin de ramasser des grains de millet mais, comme ils baignent dans de l’eau bénite, il se trouve dans l’impossibilité de le faire.

La leçon est, à chaque fois, la supériorité des humains en matière de ruse.