Contenu du Le jeu de l'oie

Des origines antiques ?


Les origines de ce célèbre jeu restent assez floues. On a longtemps cru que ces racines remontaient à la Grèce antique, mais il semblerait que ce jeu, qu’on appelait autrefois « « Le jeu de l'oye, renouvelé des Grecs » ne doive son nom qu’à la mode helléniste du XVIe siècle, période pendant laquelle il était plébiscité. Sa provenance demeure donc une énigme, même si on peut trouver quelques similitudes avec d’autres jeux en spirale, tels que le « Jeu du serpent » dans l’Égypte antique, ou encore le « Jeu du Mandarin » en Chine.
La première mention, vers 1580, faisant état de l’existence du jeu, est italienne. L’Italie est donc le berceau le plus probable du jeu de l’oie, avant qu’il ne se répande dans le reste de l’Europe au XVIe siècle.
On dit que Louis XIII et Louis XIV y jouèrent pendant leur enfance. Napoléon en était également friant : « Il s’y donnait avec une ardeur toute méridionale, comptant les cases avec sa marque comme un écolier, se dépitant quand les dés lui étaient contraires, […] révélant tout entier, dans les péripéties de cette lutte puérile, son caractère plein de grands contrastes. ». La littérature et l’art en font souvent mention, à l’image de Molière dans l’Avare. Ce jeu jouit d’une forte popularité du XVIIIe au XIXe siècle.
Mais pourquoi une oie ? Là encore on ne peut faire que des suppositions, rien ne vient attester de la raison. Est-ce parce que l’oie est le symbole de la prudence, de l’astuce et de l’intelligence ?

 

Du divertissement à l’aspect didactique


La règle semble avoir peu évolué depuis que l’on connaît ce jeu. Elle figure d’ailleurs bien souvent au centre du plateau. De dimension variable, la spirale est composée de 63 cases. Chaque case comporte un numéro et une image. Une oie est reproduite de 9 cases en 9 cases. Et le parcours est semé d’accidents au nombre de 7 : le pont (case 6 et 12), l’hôtel (19), le puits (31), le labyrinthe (42), la prison (52) et la mort (58). Les nombres 7 et 9 qui régissent ce jeu sont présents dans de nombreuses traditions symboliques et religieuses. On pense d’ailleurs que le jeu de l’oie a été imaginé comme une représentation des âges climatériques. La croyance ancienne répandue voulait que l’âge de la vie multiple de 7 et de 9 marquât de grands changements. 63 était l’âge particulièrement redouté…
Si l’oie est une figure récurrente, les images qui l’accompagnent sont quant à elles d’une grande variété. L’imagerie populaire, dont le coût modique des images a participé à la large diffusion du jeu, est un exemple de la richesse et de la diversité des plateaux. Souvent inspirés de l’actualité, de l’histoire, de la religion, des sciences, de la vie… les thèmes abordés à travers ce jeu se veulent  à la fois didactiques, instructifs et parfois moralisateurs. Il fut parfois aussi un outil de propagande politique ou religieuse.
Le Musée du Jeu de l’Oie de Rambouillet possède à ce sujet l’une des plus grandes collections consacrées à ce jeu, léguée par Pierre Dietsch, polytechnicien d'origine alsacienne.

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