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- Reconstruire la vie moderne
- Des choix architecturaux controversés
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- Culture artistique sociale
- Diffusion des arts régionaux et modernes
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- Culture commerciale
- Femmes, enfants et publicités
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- Ernest Ventrillon, Vitrail, Nancy, musée de l'École de Nancy
- Pour aller plus loin
Histoire
Catalogue des Magasins réunis (1925 - 1930)
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- Pour aller plus loin
Dès le milieu du xixe siècle, une révolution commerciale arrive en France : les grands magasins, temples de la consommation moderne.
À Nancy, Antoine Corbin implante le concept en 1883 avec ses Magasins réunis, profitant de l’essor démographique et économique de la ville. En 1901, son fils Eugène Corbin reprend le projet de construction d’un grand bâtiment dans le style Art nouveau face à la gare.
Après guerre, le concept des grands magasins est consacré lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, tout comme le nouveau courant artistique des années 20 : l’Art déco. Un mouvement esthétique et la démocratisation de la consommation, deux symboles de la vie moderne des Années folles, rassemblés aux Magasins réunis de Nancy.
Dès le milieu du xixe siècle, une révolution commerciale arrive en France : les grands magasins, temples de la consommation moderne.
À Nancy, Antoine Corbin implante le concept en 1883 avec ses Magasins réunis, profitant de l’essor démographique et économique de la ville. En 1901, son fils Eugène Corbin reprend le projet de construction d’un grand bâtiment dans le style Art nouveau face à la gare.
Après guerre, le concept des grands magasins est consacré lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris, tout comme le nouveau courant artistique des années 20 : l’Art déco. Un mouvement esthétique et la démocratisation de la consommation, deux symboles de la vie moderne des Années folles, rassemblés aux Magasins réunis de Nancy.
Des choix architecturaux controversés
La nuit du 16 janvier 1916, en pleine Première Guerre mondiale, un incendie détruit entièrement le premier bâtiment des Magasins Réunis en seulement quatre heures. La reconstruction ne commence qu’en 1925, la première pierre est posée en 1926, presque 10 ans après la catastrophe.
Eugène Corbin, toujours au sommet de la vie artistique à Nancy, est influencé par le « Style international », une architecture épurée découverte grâce à l’Exposition internationale de 1925. Il souhaite reconstruire ses magasins « sur des données les plus modernes, avec le goût moderne ».
Pour mener son projet, il choisit Pierre Le Bourgeois comme architecte (créateur de l'ancien siège de l’Est Républicain) qui s’est lui aussi converti à l’architecture moderne. Le Bourgeois fournit un bâtiment avec une ossature en béton armé, une composition d’esprit classique ainsi que des colonnes verticales et une frise géométrique typique de l’Art déco.
Cette nouvelle esthétique ne séduit pas le public nancéien, encore attaché au style Art nouveau et à son ornementation. Elle est vivement critiquée dans la presse locale :
« L’architecte a voulu faire de ce style moderne, assez déconcertant et bizarre, qui est né à l’Exposition parisienne des Arts décoratifs et qui semble un défi à la beauté, à la grâce, à l’harmonie françaises »
En 1926, un effondrement dû à l’instabilité du sous-sol fait s’écrouler une partie de la construction et oblige à différer la réouverture du bâtiment. Ces obstacles n’empêchent pourtant pas les Magasins Réunis de Nancy de devenir, en 1928, les plus grands magasins de province, et d'être inaugurés par le président de la République Albert Lebrun.
Diffusion des arts régionaux et modernes
Eugène Corbin n’a que faire des critiques des habitants. Malgré la guerre, il continue à s’intéresser à l’art et aux nouveaux artistes régionaux. À la fin de la guerre, il crée le Cercle artistique de l’Est et dès 1923, il participe au Comité Nancy-Paris.
Il souhaite, grâce à sa chaîne de magasins, éduquer le grand public, le familiariser à l’art moderne et de développer une culture artistique populaire et accessible.
Dans cette optique, il met en place l’atelier des Arts réunis. Cette institution choisit des produits fabriqués dans les industries lorraines pour les vendre dans tous les magasins du réseau : cristallerie de Baccarat, faïenceries de Longwy etc.
Des studios de création sont également mis à disposition des artistes locaux au sein des Magasin réunis. On y réalise toute sorte d’objets : mobilier, vaisselle, tissus, papiers peints, ces créations avant-gardistes sont ensuite distribuées dans les magasins de la chaîne, à des prix abordables pour la population.
Le troisième étage du bâtiment est consacré à une galerie d’art, accessible à tous les visiteurs. Eugène Corbin y expose des œuvres venant de sa propre collection, ainsi que le travail de jeunes artistes locaux comme Michel Colle, Gaston Goor, Jean Gouttière-Vernolle, Victor Guillaume et Ernest Ventrillon …
Ainsi, les Magasin réunis se positionnent comme vitrine de l’art et de l’industrie lorraine et participent à faire évoluer le goût artistique et esthétique des nancéiens, qui adoptent peu à peu l’Art déco et le style moderne.
Femmes, enfants et publicités
Les Magasins réunis reconstruits sont le symbole « d’un acharnement à imposer une culture de la consommation » de la part d’Eugène Corbin. En effet, le concept des grands magasins est, dans les années 1920, à son apogée, avant que les crises économiques des années 1930 et 1970 ne l’affaiblissent.
Depuis leur création, un public se démarque : les femmes, majoritairement représentées dans les publicités, surtout pour les rayons de prêt-à-porter et de linge de maison.
Après guerre, le gouvernement français favorise la natalité pour repeupler le pays et adopte plusieurs mesures dans ce sens : alourdissement des peines pour l’avortement et interdiction de la contraception, médaille pour les familles nombreuses, officialisation de la fête des mères.
Pour répondre à leurs besoins, les Réunis proposent un service de garderie, qui permet aux clientes de passer plus de temps à faire les magasins, ainsi qu'un théâtre de guignol, un restaurant, un salon de thé et un salon de coiffure.
Les enfants sont, eux aussi, des consommateurs et futurs clients. Depuis le xixe siècle, les recommandations en terme d’éducation prônent l’acquisition de jouets pour favoriser le développement des enfants. Les magasins se dotent donc de rayons jouets produits industriellement, qui deviennent ainsi accessibles au plus grand nombre. En Lorraine, ils sont notamment mis en avant pendant les fêtes de la Saint-Nicolas.
La popularité des Magasins réunis encourage d’autres commerces du même genre à ouvrir à Nancy, comme les Galeries Saint-Jean en 1927, preuve de l’effervescence économique de la ville pendant les Années folles.
Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur la relation entre Eugène Corbin et l'Art déco : voir l'exposition
Sous le signe de la modernité. La Maison Corbin et les Magasins Réunis dans les années 1920
Jusqu'au 4 janvier 2026 au Musée de l'École de Nancy dans le cadre de Métro'folies.
Le musée de l’École de Nancy est installé dans l’ancienne maison d’Eugène Corbin, agrandie en 1922 dans un style Art déco. C’est cette même voie qu’il choisit pour la reconstruction des Magasins Réunis de Nancy en 1926. Des documents et éléments de décor de l’aile 1920 de la maison sont associés aux outils publicitaires et aux objets édités par les Arts Réunis de cette époque.