Histoire

La forêt lorraine en bref... ou presque !

Les différentes crises, économiques ou démographiques, et les conflits qui ont marqué la région ont laissé des traces durables dans les bois lorrains. Les aménagements forestiers et les modifications dues aux activités humaines sont autant de témoignages de l’histoire de notre région.

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Les différentes crises, économiques ou démographiques, et les conflits qui ont marqué la région ont laissé des traces durables dans les bois lorrains. Les aménagements forestiers et les modifications dues aux activités humaines sont autant de témoignages de l’histoire de notre région.

De la préhistoire à la fin du Moyen Âge

Les balbutiements de la forêt

La couverture forestière lorraine a fortement varié au cours des quinze derniers millénaires, passant d’une forêt de toundra liée à un climat encore très froid 12 000 ans avant notre ère à une densification de la forêt et une multiplication des forêts de pins et de bouleaux induite par un climat plus clément deux mille ans plus tard.

L’époque gauloise va s’accompagner de défrichements et de déboisements afin de percer les voies nécessaires à la circulation et de permettre la construction d'habitations. Pendant les invasions du Bas Empire, les forêts furent réinvesties par des peuples indigènes refoulés.

 

Implantation monastique

À partir du VIe siècle, des moines et des ermites profitent du calme des forêts lorraines. Ainsi, de nombreuses congrégations vont s’implanter volontiers dans des lieux reculés de Lorraine, donnant naissance aux abbayes de Saint-Dié, Senones, Moyenmoutier ou encore Remiremont.  

 

Le bois, un atout capital pour l'industrie

Aux XIIe et XIIIe siècles, l’essor démographique et l’installation humaine font diminuer la surface des forêts lorraines. Le bois est très tôt un atout majeur pour les activités pré-industrielles, il constitue la matière première primordiale permettant de fournir l’énergie nécessaire pour exploiter le sel, le verre et les mines de fer.

Jusqu’au XVIe siècle, il est une matière première peu vendue. On se contente de couper le bois mort ou de prélever du bois en fonction des besoins. L’espace forestier est principalement nourricier. À cette époque, la forêt lorraine est très diversifiée et les arbres fruitiers sont présents en nombre, même en altitude.

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L'Époque moderne

Comme un hic dans la gestion des forêts

La Guerre de Trente Ans de 1618 à 1648, provoque une forte recrudescence des friches et une désertion de nombreux territoires boisés : la Vôge, la haute vallée de la Moselle, la région de Lamarche, les basses Vosges et le pays de Biche.

Une réappropriation de ces lieux s’opère une trentaine d’années plus tard. Il faudra plus de deux générations pour rendre au paysage en friche un aspect humanisé. Au cours du XVIIIe siècle, la plupart des grands massifs de Lorraine s'amenuisent, en raison d’une gestion de la forêt très inégale et malgré des édits qui tentent, en théorie, de réguler l’exploitation forestière dans la région. À la même époque, l’exploitation du bois d’œuvre connaît un fort accroissement. Ainsi, en 1732, le bois représente un tiers de la valeur des exportations du Duché de Lorraine. 

À la veille de la Révolution, la région est devenue une grande importatrice de bois brut et de sciage. De 1764 à 1862, les forêts du ban de Vagney perdent 4 540 ha. Le découpage géopolitique morcelé de la Lorraine sous l’Ancien Régime renforce les abus et les pillages de bois. Cette matière première est largement surexploitée, causant des tensions, aggravées par le vide législatif laissé par la Révolution. Ces difficultés pour gérer efficacement les ressources forestières se résorbent après 1880, notamment grâce à un exode rural qui diminue la pression démographique exercée sur les forêts. Peu à peu, l'exploitation communautaire anarchique des forêts va laisser place à la propriété individuelle privative. 
 

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Du XIXe à la première moitié du XXe siècle

Du grabuge en forêt

La création en 1824 de l’École Forestière de Nancy va souffler un vent d’innovation sylvicole dans les entreprises lorraines. Malgré les trois conflits qui vont frapper la région et causer des dommages sur la nature, la situation forestière dans la région va nettement s’améliorer grâce à une mainmise forte de l’État sur les questions forestières.Les connaissances statistiques sur les forêts se précisent, permettant une meilleure gestion.

La forêt a joué un rôle primordial dans les stratégies mises en place par les états-majors français, mais également dans l’entretien et la construction des tranchées. Les forêts, après les combats, offrent un paysage détruit et laminé. Dans la Meuse, 60% des forêts sont endommagées lors de la Première Guerre mondiale. La Seconde Guerre mondiale provoque moins de dégâts directement dus aux combats. Les préjudices forestiers sont plutôt engendrés par des pillages et une exploitation systématique des forêts autour des zones d’affrontement. Le reboisement est alors fortement encouragé pour panser les plaies d’une Lorraine meurtrie.

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La forêt lorraine de nos jours

La filière bois de nos jours

Après la tempête de 1999 la forêt lorraine a perdu près du quart de ses arbres, rendant ainsi plus difficile la réponse aux besoins en matière première nécessaire à l’industrie du bois. 

Au début des années 2010, la filière bois occupait près de 3% des actifs lorrains, et 17% des emplois liés à l’industrie en Lorraine. Cette filière regroupe tant la sylviculture, que les constructions en bois, l’industrie papetière, la fabrication de meubles, le sciage, le commerce ou encore le transport de la matière première.