Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse, est un graveur et architecte italien majeur du XVIIIe siècle. Au remarquable réalisme de ses gravures s'ajoute un imaginaire débordant, parfois obscure, mais toujours visionnaire. Son oeuvre, riche d'environ mille gravures, est perpétuée au delà de son vivant, en grande partie par son fils Francesco qui semble posséder la même passion pour l'Antiquité.

Contenu du Piranèse de père en fils Contenu du Piranèse de père en fils Contenu du Piranèse de père en fils

Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse, est un graveur et architecte italien majeur du XVIIIe siècle. Au remarquable réalisme de ses gravures s'ajoute un imaginaire débordant, parfois obscure, mais toujours visionnaire. Son oeuvre, riche d'environ mille gravures, est perpétuée au delà de son vivant, en grande partie par son fils Francesco qui semble posséder la même passion pour l'Antiquité.

De Venise à Rome : la jeunesse de Piranèse

La formation d'un artiste prometteur

Giovanni Battista Piranesi, dit Piranèse, naît en 1720 et grandit à Venise. Il entreprend sa formation aux côtés de son père, bâtisseur, puis de son oncle, architecte. Dans cette ville où l'opéra tient une place toute particulière, il continue à se former auprès de Giovanni Scalfarotto (1672-1764) et des frères Valeriani, qui l'initient aux décors de théâtre. Mais c'est tout particulièrement par Rome et ses trésors antiques que l'artiste est fasciné. Il découvre cette dernière en 1740, lorsqu'il accompagne l'ambassadeur de Venise en tant que dessinateur.

Un imaginaire à part

Piranèse s'engage alors dans l'agence d'un des plus grands graveurs italiens de l'époque, Giuseppe Vasi (1710-1782). C'est à ce moment qu'il débute ses célèbres Vedute di Roma, de grandioses vues de Rome, dont le réalisme s'appuie sur les solides connaissances du graveur. Dans le même temps, Piranèse commence à créer à titre privé des oeuvres qui laissent son imaginaire s'exprimer. C'est le cas de la Prima Parte, publiée en 1743 : 18 gravures de monuments antiques inventés par lui-même, et notamment de ses fameuses Prisons imaginaires, révélatrices de l'intérêt de l'artiste pour les lieux sombres et inquiétants.

Un fervent défenseur de Rome

Après un retour à Venise où Piranèse perfectionne son art aux côtés de Giambattista Tiepolo (1696-1770), notamment dans le dessin de décors, l'artiste s'installe à Rome en 1747. Il ouvre une boutique sur le Corso, en face de l'Académie française. Le lieu, propice aux échanges et aux rencontres, lui permet de vendre ses gravures. En 1748, il participe notamment à la réalisation d'un plan monumental de la ville de Rome: Nuova Topografia, s'appuyant sur des critères scientifiques. Piranèse, convaincu de la suprématie de Rome durant l'Antiquité, consacre une grande partie de sa vie à représenter la ville et sa grandeur le plus fidèlement possible.

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Veduta interna della Basilica di S. Pietro in Vaticano vicino alla Tribuna
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Piranèse, graveur virtuose, architecte inspirant

Des connaissances solides

Piranèse se révèle archéologue lorsqu'il entreprend des fouilles sur les sites antiques romains. Sa fine observation des techniques lui permet de créer des gravures ayant une réelle portée didactique, utiles pour les architectes et les historiens. Sa série des Antichità Romane, achevée en 1757, en est un bel exemple. En plus d'avoir une production florissante, l'artiste perfectionne également plusieurs gravures, telles que les Opere Varie et ses Vedute di Roma, mais aussi ses Prisons imaginaires. Ces dernières, rééditées en 1761, donnent à voir un contraste clair-obscur bien plus saisissant.

Un talent d'architecte qui rayonne

La réussite de Piranèse en tant que graveur le pousse à s'installer au palais Tomati en 1761. Connu également pour ses nombreux plans, c'est à cette époque qu'on fait appel à ses qualités d'architecte pour remodeler des édifices religieux. C'est le pape Clément XIII (1693-1769) qui lui demande notamment de réaménager l'Eglise de Saint-Jean-de-Latran, ou encore le prieuré de l'église Santa-Maria-Aventina. Piranèse apporte sur cette dernière des modifications révolutionnaires aux décors.

Piranèse décorateur

Piranèse, épris du style baroque, puise son inspiration dans la nature et l'antiquité. De 1770 à 1778, il devient un véritable créateur d'art décoratif, et entreprend à nouveau des fouilles pour trouver des vases antiques. Il emploie de nombreuses personnes pour restaurer ces vases et les revendre, ainsi que les gravures qui les représentent. Son ouvrage Diverse Maniere paru en 1769 inspire la décoration intérieur dans plusieurs pays d'Europe, confirmant une nouvelle fois le succès de cet artiste visionnaire.

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Vasi, candelabri, cippi II
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La succession, Francesco Piranesi

Un artiste qui suit les traces de son père

Si Giovanni Battista Piranesi a largement impacté le domaine de l'architecture et de la gravure de son vivant, son influence se poursuit après sa mort en 1778. C'est tout particulièrement Francesco, l'aîné des 5 enfants de Piranesi, qui perpétue l'oeuvre de son père.
Né vers 1758, Francesco est formé à l'art de la gravure par d'autres artistes, son père étant peu pédagogue. C'est seulement à partir de 1774 qu'il assiste son père, apportant notamment sa contribution sur les dernières planches des Vedute di Roma. Ensemble, ils forment un binôme sur les dernières années de la vie de Piranèse, chacun étant tantôt dessinateur, tantôt graveur. Après la mort de son père, Francesco publie en 1778 la série Raccolta de Tempi Antichi qui l'assoie comme son digne successeur. On lui attribue de belles gravures de statues, mais aussi de nombreux plans démontrant que l'artiste s'illustre aussi bien en tant qu'architecte.
 

La diffusion de l'œuvre des Piranesi, une priorité pour Francesco

Francesco continue d'éditer le travail de son père à la manière d'un commercial. Contraint de quitter l'Italie, il ouvre à Paris la Calchographie Piranesi avec l'aide de son frère Pietro.
Ayant emporté les cuivres de leur père, les deux frères établissent un véritable catalogue de l'oeuvre des Piranesi. Leur but est également de proposer une encyclopédie de l'architecture de style antique. Trouvant toujours le soutient et la protection du gouvernement des Bonaparte, Francesco poursuit sa lancée en ouvrant une académie de gravure en 1802, et un espace de vente, le "Dépot général des arts" où il tient une maison d'édition.
L'œuvre des Piranèse est si dense qu'après la mort de Francesco en 1810, la Calchographie, une fois rachetée, continue d'éditer leurs gravures jusqu'au XXe siècle.

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Iscrizione lapidaria che si legge nel piedestallo della sudetta statua la cui altezza e di palmi romani