La sculpture au XVIIIe siècle à Nancy

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La sculpture au XVIIIe siècle à Nancy

Découvrez la sculpture lorraine du XVIIIe siècle en déambulant dans les rues de Nancy.

La porte Saint-Stanislas

En 1752, Emmanuel Héré perce le mur d’enceinte de la ville pour construire une porte en l’honneur du saint patron du duc Stanislas. Simple et dotée d’une seule ouverture, cette porte est remplacée par l’arc que l’on connaît aujourd’hui. Le côté campagne est d’inspiration guerrière et représente des trophées d’armes. Dans les deux reliefs supérieurs apparaissent, à gauche, Mars, dieu de la guerre, portant un bouclier et une épée, et, à droite, Hercule, reconnaissable à sa massue et à la peau du lion de Némée. Le côté ville renvoie aux arts avec deux bas reliefs représentant Minerve, déesse de la sagesse, coiffée d’un casque, et Apollon, dieu de la musique, portant sa lyre. En partie haute, quatre statues évoquent la musique, l’architecture, la peinture et la sculpture. Les têtes de taureau, blason de la famille de Stanislas Leszczynski, sculptés initialement sur les métopes de la frise ont été bûchées à la Révolution.

La place Royale de Nancy 1760

La place Royale constitue le point d’orgue du programme d’embellissement urbain conduit par Emmanuel Héré à la demande de Stanislas. Son rôle était de relier la Ville Vieille médiévale, construite autour du palais ducal, et la Ville Neuve du XVIIe siècle voulue par le duc Charles III (1543-1608). Les éléments décoratifs qui rythment l’espace font appel à différents matériaux tels que le fer en partie doré (sur les grilles), la pierre (pots à feu, putti et trophées d’armes sur les balustrades des édifices), le plomb (fontaines de Neptune et d’Amphitrite), le bronze et le marbre (statue centrale de Louis XV détruite à la Révolution et remplacée par celle de Stanislas en 1838). L’ensemble de la place célèbre Louis XV, à l’exception de l’hôtel de ville qui porte, sur la façade, les armoiries de la ville de Nancy et, sur le fronton, celles de Stanislas. Le modello de la statue du roi de France est présenté dans l’exposition La sculpture en son château. Variations sur un art majeur au château de Lunéville. La place Royale, ainsi que les places d’Alliance et de la Carrière, sont inscrites au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1983.

 

Les Casernes royales de Nancy

Les casernes royales, appelées également Quartier royal, sont le dernier geste urbanistique entrepris par Stanislas. L’architecture est sobre, ce qui s’explique par la fonction militaire de l’édifice mais aussi parce qu’il est le premier témoin à Nancy d’un tournant vers le néoclassicisme. Seul le fronton de l’avant-corps central est décoré. Un bas-relief représente une Victoire ailée couronnant Stanislas vêtu à l’antique, avec les attributs de la souveraineté. Il regarde un plan que lui présente Minerve. De part et d’autre, sont représentés une femme assise sur un ballot de marchandises symbolisant le Commerce et l’Industrie et des génies portant les emblèmes de la Sculpture et de la Peinture. Tous ces éléments rappellent les oeuvres de Stanislas, représentées pour la première fois dans l’espace urbain.

 

Cathédrale Notre-Dame-de-l'annonciation

Le duc Léopold lance les travaux de la primatiale de Nancy qui ne deviendra cathédrale qu’en 1777. Les plans furent conçus par Giovanni Betto, puis modifiés par Jules Hardouin-Mansart. L’édifice fut terminé par Germain Boffrand. Le décor de la façade comporte un étonnant fronton sculpté par Joseph Dieudonné. Deux aigles y encadraient le blason couronné des ducs de Lorraine remplacé par un trophée d’armes à la Révolution. Au dessus de la porte centrale, deux anges en prières se prosternaient devant un ostensoir. À l’intérieur, la tribune de l’orgue est sculptée d’instruments de musique tandis que les écoinçons de la nef sont ornés d’anges portant, pour certains, des objets du culte marial. Attribuées à Barthélemy Mesny, Joseph Dieudonné et Louis Menuet, ces sculptures sont datées de 1728-1729. Dans l’abside, trois anges assis sur des nuées surmontaient, avant la Révolution, la châsse de saint Sigisbert, patron de Nancy. À son emplacement se trouve aujourd’hui une Vierge à l’enfant exécutée par le sculpteur César Bagard.

 

Buste de Léopold, duc de Lorraine

Jean Baptiste Hanus, marchand, conseiller de ville, juge consul, obtient du duc Léopold de Lorraine, le privilège d’établir à Nancy une manufacture de draps et couvertures par lettres patentes de 1699, entérinées en 1709. La présence du buste de Léopold sur la façade de sa maison peut être interprétée comme le signe de sa reconnaissance à l’égard du duc, représenté avec le collier de l’ordre de la Toison d’or et une cuirasse ornée des emblèmes de Lorraine. Sur la plaque placée sous le buste est gravée l’inscription : « LEOPOLDO MAGNO / ANNO 1706 » (Léopold le Grand / Année 1706). À son arrivée en Lorraine en 1737, Stanislas n’est pas accueilli à l’unanimité par les Nancéiens qui regrettent pour certains le départ de la famille de Lorraine. L’effigie de Léopold devient le symbole de cette contestation et sert de ralliement aux fidèles des anciens ducs.

 

 

 

Chapelle de la Visitation (actuelle chapelle du lycée Henri Poincaré)

Construite pour le couvent des religieuses Visitandines, la chapelle de style néoclassique présente une architecture extérieure sobre selon un projet de l’architecte parisien Jacques Denis Antoine sélectionné par les religieuses qui le préférèrent aux architectes lorrains qui avaient concouru. L’édifice de plan carré contient une chapelle surmontée d’une élégante coupole à caissons, éclairée par une verrière. L’unique décor extérieur est un groupe sculpté surmontant le portail symbolisant la Foi et l’Espérance dont le modèle préparatoire est conservé au musée du Louvre. Pendant la Révolution, la chapelle servit de premier musée municipal et accueillit notamment les monuments funéraires de la famille Leszczynski saisis à l’église Notre-Dame-de-Bonsecours. Elle devint ensuite la chapelle du lycée impérial à partir de 1803.

 

Hôtel des missions royales

Protecteur des Jésuites, Stanislas fait construire un hôtel dans le faubourg Saint-Pierre à leur attention dans lequel il se réserve un logement. La longue façade (90 m) est d’une grande simplicité hormis deux avant-corps légèrement saillants encadrant la partie centrale qui seule est décorée et pourvue d’un balcon filant au riche garde corps. Au troisième niveau, le cartouche à rinceaux portait la dédicace et la date de 1742, bûchées à la Révolution. Le réfectoire d’été était orné du buste du souverain par Michel-Ange Slodtz présenté dans l’exposition La sculpture en son château. Variations sur un art majeur au château de Lunéville. À gauche de l’édifice, qui abrite aujourd’hui le campus de Science Po Nancy, s’élève l’église Saint-Pierre construite en 1736 par l’architecte Jean Nicolas Jennesson.

 

Hotel Ferraris

Louis de Ferraris (1685-1733), originaire d’Italie, s’installe à Nancy sous le règne du duc Léopold de Lorraine (1690-1729) à la cour duquel il appartient. Il fait appel à l’architecte choisi par le duc, Germain Boffrand, pour construire son hôtel particulier à proximité du palais ducal. Le modèle retenu est celui de l’hôtel à la parisienne avec un corps principal aligné sur la rue et deux ailes encadrant la cour. Seule la travée centrale est décorée. Au-dessus du porche est figuré un mascaron à la tête grimaçante, le garde-corps en fer forgé du balcon porte les doubles « F » des époux Ferraris-Fontette et un cartouche au premier étage est soutenu par deux lions. Une savante scénographie met en valeur la fontaine ornée d’une statue de Neptune chevauchant un cheval marin, flanquée autrefois de deux enfants jouant avec des dauphins dans un décor peint de fausse grotte. Visible depuis le porche, l’escalier à l’italienne qui mène aux appartements est dominé par une galerie et un plafond peint en trompe l’oeil évoquant un décor de caisson attribué à Giacomo Barilli (1685-1739). Le bâtiment accueille aujourd’hui le pôle Inventaire général Région Grand Est.

 

 

 

Palais de l'Intendance

Fermant l’extrémité nord de la place de la Carrière, le palais a été construit pour accueillir l’intendant, Chaumont de La Galaizière (1697-1783), représentant le pouvoir royal français en Lorraine. Chancelier du roi Stanislas Leszczynski, dernier duc de Lorraine, La Galaizière était chargé de préparer la réunion de la Lorraine à la France à la mort de Stanislas. Le projet initial prévoyait un ordonnancement similaire à celui de l’hôtel de ville (fronton central sculpté, pots à feu et trophées d’armes sur les balustrades). Ici, seul l’avant-corps central est souligné par deux niveaux de colonnes jumelées qui supportent quatre allégories représentant la Justice, la Vérité, la Fécondité et le Pouvoir.

 

La porte Saint Nicolas

Construite au début du XVIIe siècle, la porte Siant-Nicolas constitutait un lieu emblématique de la ville où les clés de la cité étaient remises au duc de Lorraine lors de l'entrée solennelle qui inaugurait son règne.

En 1761, la face côté ville redécorée par le sculpteur Louis Lenoir en l'honneur des filles de Louis XV, Mesdames Adélaïde et Victoire qui s'arrêtèrent à Nancy en se rendant à Plombières-les-Bains (Vosges) pour y prendre les eaux. Les arcades supérieures durent ornées des initiales des deux princesses ainsi que de celle de leur grand-père, le roi Stanislas, qui était représenté en buste dans l'arcade centrale. De cette décoration, seuls subsistent aujourd'hui les putti et les vases qui surplombent la porte.

Arc de triomphe

L’arc de triomphe est entièrement voué à la gloire du roi Louis XV. Il représente de façon symétrique la paix et la guerre. À gauche, un médaillon portant les mots PRINCIPI PACIFICO (Au prince pacifique) fait écho à un second avec l’inscription PRINCIPI VICTORI (Au prince victorieux). Sur l’attique, les bas-reliefs représentent de gauche à droite : Apollon au milieu des Muses, la Paix et la Guerre, et Apollon tuant le serpent Python. La corniche est surmontée par les statues de Cérès, Minerve, Mars et Hercule. Au centre, un groupe sculpté en plomb doré représente la Paix tenant, avec un angelot, le médaillon de Louis XV couronné par la Renommée soufflant dans sa trompette les hauts faits du monarque. Sur la table de marbre noir, trois inscriptions font l’éloge du souverain : HOSTIUM TERROR (terreur des ennemis), FOEDERUM CULTOR (artisan des traités), GENTISQUE DECUS ET AMOR (gloire et amour de son peuple). Côté Carrière, deux reliefs représentent, à gauche, un trophée d’armes et à droite, les sciences et les arts.

Église Saint Sébastien

Au moment de sa construction, l’église paroissiale Saint-Sébastien fait face à l’ancien hôtel de ville (à l’emplacement de l’actuelle place Charles III). L’étroitesse du lieu contraint l’architecte à créer une impression de parvis en incurvant la façade principale (inspirée de Sainte-Agnès de Rome). Quatre grands panneaux sculptés en bas-relief représentent de gauche à droite : saint Charles Borromée, le Christ, la Vierge et saint Nicolas. Au deuxième niveau, les statues de saint Sébastien (à gauche) et du duc Léopold (à droite) sont l’oeuvre de Victor Huel et ont été ajoutées à la fin du XIXe siècle. À l’intérieur, les trois nefs d’égale hauteur, portées par six colonnes ioniques, sont caractéristiques des églises-halles. À chaque travée, des baies ornées de vitraux blancs, souvent employés au XVIIIe siècle, laissent entrer abondamment la lumière. La voûte de la croisée du transept est sculptée de médaillons représentant les épisodes de la vie de saint Sébastien : le saint devant l’empereur Dioclétien, le saint transpercé de flèches, le saint soigné par sainte Irène, l’ultime martyre du saint tué à coups de verges. Le groupe en terre cuite installé sur l’autel latéral de gauche représente Saint-Joseph portant l’enfant Jésus. Il est attribué à Jacob Sigisbert Adam

 

La chapelle de l'église des Cordeliers

Construite sur le flanc de l’église conventuelle des cordeliers, la chapelle est érigée à partir du début du XVIIe siècle pour devenir la nécropole des ducs de Lorraine. Elle se démarque dans le paysage palatial par son plan octogonal amorti d’un dôme monumental. Dédiée en 1612 à Notre-Dame de Lorette, elle dispose d’un autel réalisé au XVIIIe siècle par le marbrier Pierre Launoy, fournisseur en marbre pour les demeures ducales et les églises du sud de la Lorraine. Le tabernacle est surmonté d’un groupe représentant la Vierge assise sur sa maison entourée de deux anges en adoration. Sur le devant de l’autel, un relief représente le Christ mort pleuré par un ange. La crypte située sous la chapelle accueille encore aujourd’hui les sépultures de la famille ducale

 

Nancy : tombeau de la Reine Leckzinska (Église de Bonsecours)

Fondée à la fin du XVe siècle pour remercier la Vierge d’avoir offert la victoire au duc René II de Lorraine contre le duc de Bourgogne Charles Le Téméraire lors de la bataille de Nancy, l’église est reconstruite par Stanislas peu après son arrivée en Lorraine. Profondément attaché au culte marial, dans le respect de la tradition polonaise, le souverain souhaite en faire la nécropole de sa dynastie. En 1747, son épouse Catherine Opalinska y est inhumée et un mausolée est construit par le sculpteur nancéien Nicolas Sébastien Adam. Sur un tombeau de marbre noir orné de l’aigle de Pologne et placé contre une pyramide, la reine Catherine est représentée agenouillée en prières, ayant déposé à ses pieds les emblèmes de son pouvoir. Un ange aux ailes déployées lui montre du doigt le chemin du Ciel. Sur le piédestal, le sculpteur a représenté dans des médaillons deux vertus de la souveraine : à gauche, la Foi porte une croix et une flamme tandis qu’à droite, la Charité est représentée par une femme allaitant plusieurs enfants. Autour du monument, deux cassolettes exhalent symboliquement la bonne odeur des vertus de la souveraine. En 1766, Stanislas y est enterré à son tour. Son mausolée, commencé par Louis Claude Vassé, est achevé par Félix Lecomte en 1774. Le monarque est représenté allongé sur son tombeau, vêtu à la polonaise. Sur le piédestal, la Lorraine regarde le souverain tandis que la Charité semble écrasée de chagrin. Deux années plus tard, c’est le coeur de sa fille et reine de France, Marie Leszczynska, qui est déposé dans l’église et signalé par un monument confié à Vassé. Deux petits angelots éplorés tiennent dans leurs mains le cœur de la souveraine représentée de profil dans un médaillon. À côté du mausolée de Catherine, une dernière épitaphe est dédiée au duc François Maximilien Ossolinski, grand-maître de la maison de Stanislas, évoqué par ses armes encadrées de deux angelots

Porte de Stainville

Les ornements célèbrent le rôle décisif de Louis XVI durant la Guerre d’Indépendance américaine (1775-1783) et la naissance du dauphin Louis-Joseph de France (1781). Côté ville, plusieurs bas-reliefs commémorent le traité de Versailles de 1783 reconnaissant l’indépendance des États-Unis d’Amérique. L’arc est surmonté d’un groupe sculpté portant un médaillon, autrefois à l’effigie de Louis XVI, avec une allégorie de la Renommée brandissant une couronne de laurier. Un jeune amérindien regardant le portrait du roi symbolise l’Amérique. Sur le bas-relief de gauche, les Français et la Lorraine rendent hommage au Dauphin. Sur celui de droite, des Indiens coiffés de plumes reçoivent du monarque un rameau d’olivier, symbole de paix retrouvée. Côté faubourg, l’édifice évoque la bataille de Nancy de 1477 et la victoire du duc René II de Lorraine sur le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. La scène était autrefois dominée par une sculpture en forme de trophée arborant une couronne royale, disparue lors de la Révolution française

 

Hémicycle de la Carrière

La colonnade de l’hémicycle relie élégamment le palais de l’Intendance à la longue perspective de la place de la Carrière. Sa coursive est ponctuée de corbeilles à fleurs et de trophées d’armes avec captifs et palmiers. Entre les colonnes ioniques, vingt-deux bustes représentent les dieux et déesses de la mythologie gréco-romaine. Fortement endomagées à la Révolution, les sculptures sont restaurées au début du XIXe siècle par les sculpteurs François Joseph Labroise et Lépy l’aîné. Les six groupes originaux de putti initialement placés sur la balustrade de l’hémicycle ont été transportés au XIXe siècle au château d’Haroué (Meurthe-et-Moselle). Ils ont été remplacés par des copies

 

Place de la Carrière de Nancy

La conception de la place de la Carrière revient à la duchesse Chrétienne de Danemark (1521-1590), veuve du duc François Ier de Lorraine. L’unité architecturale initiale est mise au goût du XVIIIe siècle par l’architecte du duc Stanislas, Emmanuel Héré, qui conçoit des façades ordonnancées avec la même hauteur. Il dessine une perspective linéaire qui s’allonge entre quatre hôtels coiffés de hautes toitures (Héré et de Morvilliers près du palais de l’Intendance et les tribunaux civil et commercial proches de la place Royale), en souligne les angles par des fontaines, ponctue les grandes longueurs de putti et de vases et marque respectivement l’entrée sud et nord du terre-plain par deux sphinges et deux gladiateurs. Les sculptures seront remplacées quelques années plus tard par les grilles de Jean Lamour. Les deux sphinges et l’un des gladiateurs font aujourd’hui parties des collections du palais des ducs de Lorraine-Musée lorrain

 

Fontaine de la place d'Alliance

La fontaine célèbre la nouvelle alliance signée en 1756 entre la France et l’Autriche après plusieurs siècles de rivalité. Au centre du bassin, trois figures de fleuves, représentées par des vieillards tenant des outres, soutiennent le socle d’un obélisque. Sur sa base, trois cartouches représentent symboliquement cette alliance. Le premier mêle les fleurs de lys françaises et les croix de Lorraine ducales. Le second représente deux mains brandissant un faisceau de flèches et le troisième, deux mains jointes. Ils sont respectivement accompagnés des inscriptions suivantes : « L’ancienne et la nouvelle fidélité forment maintenant un même voeu », « La discorde est vaincue par cette alliance qui a été voulue » et « Elles promettent le salut ». Au sommet de l’obélisque, le génie de la Renommée souffle dans sa trompette. Il tient un bouclier sur lequel est inscrit « Éternel traité de concorde année 1756 ». La statue originale est conservée au palais des ducs de Lorraine-Musée lorrain.

 

Notice sur la façade de la maison sculptée par Adam en 1718

Jacob Sigisbert Adam, patriarche de la célèbre dynastie de sculpteurs nancéiens, acquiert cette maison en 1712 et en redécore entièrement la façade. La frise qui occupe la largeur du bâtiment comporte pas moins de 24 personnages accompagnés de 5 animaux (lion, éléphant, cheval, chameau, crocodile) réunis dans des scènes évoquant l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Au 1er étage, une femme entourée de deux génies représente la sculpture. Sur les fenêtres, outils et instruments rappellent les métiers d’architecte, sculpteur, peintre ou musicien. Au 2e étage, se trouve une statue de Mars, dieu de la guerre, et un médaillon figurant Vénus et Cupidon. Au-dessus des fenêtres sont étendus Jupiter et Junon (à gauche) et Neptune et Diane (à droite). Au 3e étage, Apollon, dieu de la musique, est représenté avec sa lyre. Dans le médaillon, Saturne, divinité du Temps, est accompagné d’un génie tenant une faux et un sablier. Enfin, sous l’avancée de toiture, un dernier médaillon représente Bacchus souriant, couché, tenant un pichet sous le bras et une coupe à la main.

 

Ancienne église des Prémontrés (actuel Temple Saint-Jean)

Une épure sur trouve au verso de la feuille. Les Prémontrés fondèrent un hospice à Nancy en 1635, avec à sa tête un prieur. Au début du XVIIIe siècle, il décidèrent de la construction d'une église neuve et firent appel à l'architecte italien Giovanni Betto, actif en Lorraine, pour dresser les plans de l'église ; mais la construction commencée en 1713 fut longue, et ne s'acheva qu'en 1759 sous la direction de Claude Mique puis de son fils Louis Joseph. La communauté ayant été supprimée à la Révolution, l'église fut affectée au culte protestant à partir de 1807, connue depuis sous le nom de temple Saint-Jean, souvenir de l'ancienne porte Saint-Jean

Ancien hôpital royal Saint-Stanislas

La construction de l’hôpital royal compte parmi les nombreuses oeuvres entreprises par Stanislas en Lorraine. Dédié aux soins en faveur des plus démunis, il est confié à l’ordre hospitalier des Frères de Saint-Jean-de-Dieu. Aujourd’hui, une grande partie de ses pots à pharmacie, exécutés par la manufacture de Niderviller, est conservée au palais des ducs de Lorraine-Musée lorrain. La façade du n°7 est ornée de corbeilles de fleurs et d’une grille d’imposte réalisée par Jean Lamour.

 

 

La Porte Sainte Catherine

En 1752, Emmanuel Héré marque les extrémités de l’axe est-ouest de son projet urbain par deux portes dédiées aux saints patrons de Stanislas et de Catherine Opalinska, son épouse. La porte Sainte-Catherine est ornée sur sa façade côté ville de deux basreliefs représentant l’Industrie (une femme tenant une pyramide et une couronne de lauriers) et le Commerce (Mercure assis sur des ballots et tenant un caducée). Soutenu par des colonnes doriques, l’entablement représente, dans des compartiments appelés métopes, des barques évoquant le blason de la famille Opalinski. Au sommet, deux groupes de femmes symbolisent, à gauche, les Arts et les Lettres et, à droite, la Justice et l’Abondance. L’autre côté de la porte, tourné vers l’extérieur de la ville, adopte un registre plus militaire. Il représente en effet quatre trophées d’armes en haut et bas-reliefs. Dans le compartiment central, on distingue encore l’inscription « PORTE DES VOLONTAIRES » qui fut donné à la porte en 1791, en hommage aux citoyens qui s’engagèrent volontairement pour défendre la « patrie en danger » contre les armées étrangères.