Interview exclusive du Graoully

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13 décembre 2018 par Pascale Canteneur

Limédia Galeries : Merci tout d’abord, cher Graoully, de nous répondre du fond de la Seille. En effet, l’évêque saint Clément vous a jeté dans cette rivière au début des temps chrétiens. Seule l’eau avait le pouvoir de vous détruire et il vous a ainsi entraîné à votre perte grâce à son étole.

Le Graoully : Comme vous le soulignez, on m’a fort mal traité. D’autres dragons comme moi ont simplement été chassés de la ville où soi-disant ils mangeaient les enfants. Saint Hilaire par exemple s’est contenté d’éloigner le dragon de Poitiers sans le tuer.
 

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Statue représentant saint Clément tenant le Graoully avec son étole

Limédia Galeries : Mais mangiez-vous vraiment les enfants ?

Le Graoully : Les yeux dans les yeux, je vous dirai que non. Il s’agit de rumeurs. Tout le monde disait à mon passage : " Taisons-nous, taisons-nous ! " tellement on me craignait, cela a même donné son nom à la rue Taison, quelle calomnie !

Limédia Galeries : En voulez-vous toujours aux habitants de Metz ?

Le Graoully : Je ne suis pas rancunier. Bien sûr, dernière humiliation, on a prétendu que mes écailles avaient servi à recouvrir le toit de la gare. Et c’est maintenant la plus belle gare de France !
Mais dès le VIIe siècle, les Messins ont pris l’habitude de promener mon effigie lors d’un défilé annuel pendant la fête des Rogations. La population lançait des petits pains dans ma gueule pour me nourrir. Des chercheurs prétendent que l’on me nourrissait ainsi symboliquement pour me neutraliser. En fait, je pense que c’est le remords qui a poussé les Messins à m’honorer ainsi.

Limédia Galeries : Vous sentez-vous encore messin ?

Le Graoully :  Plus que jamais. Même si le défilé n’a plus lieu, je suis devenu une figure emblématique de la ville. Je suis connu de tous les enfants, je figure même sur les maillots du FC Metz. J’aime d’ailleurs beaucoup cette idée d’être dans un stade, cela me rappelle mes chères arènes, cet amphithéâtre grouillant de serpents où je vivais avant que… mais bon j’ai dit que tout était oublié.

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