Lorraine, terre de fées

Cartes

Lorraine, terre de fées

Dans l’imaginaire collectif, les fées sont de petites femmes ailées aux mystérieux pouvoirs. En Lorraine, elles sont associées à la légende de nombreux lieux : grottes, ponts, rochers ou encore glaciers.

Les Fées du Lac de Retournemer, Xonrupt-Longemer

La nuit tombée, on peut apercevoir sur le lac de Retournemer des fées qui profitent de l'obscurité pour virevolter dans les airs, faisant flotter leurs longues chevelures et dansant autour des sapins. Mais si un homme avait l'audace de s'approcher d'elles, elles l'agrippaient et l'entrainaient dans les profondeurs du lac.

La Fée Herqueuche au Lac de Longemer, Gérardmer

Le Lac de Longemer a été le terrain de jeu de la méchante fée Herqueuche qui malmenait les lavandières jusqu'à provoquer la mort de plusieurs d'entre elles. Mais un jour, les lavandières se révoltèrent et assommèrent de leurs battoirs Herqueuche, et la noyèrent dans le lac. Dès lors, on pouvait entendre les lamentations de la fée s'élever des profondeurs du lac.

Le Pont des Fées, Gérardmer

Construit en 1763, il doit son nom au patois lorrain et le mot "fies" signifiant "épicéa". En effet, ce pont enjambe la Vologne qui ruisselle au milieu d'une grande forêt d'épicéas. Par déformation le "Pont des Fies" devint le "Pont des Fées". Mais une légende dit qu'un chasseur, assoupi au pied du pont, y rencontra une fée qui causa sa perte. Et si vous tendez l'oreille, vous pourriez encore entendre les échos de ses cris résonner la nuit dans la forêt.

La Fée de l'Étang de la Plaine et le fort du Parmont, Saint-Nabord

Autrefois sur le Parmont vivaient des géants. Une petite fée qui vivait dans les environs était tombée amoureuse de l'un d'eux. Un jour qu'elle se sentit pleine de courage, elle décida de monter au Parmont afin de lui déclarer sa flamme et le demander en mariage. Mais le géant resta de marbre face à cette déclaration. Dévastée, la petite fée s'enfuit vers l'étang de la Plaine, sur la commune de Saint-Nabord, et s'y noya. On dit que la petite fée revient parfois hanter les lieux de son malheur, surtout durant les nuits d’hiver. Elle erre dans la campagne, autour de l’étang, et monte au Parmont pour tourmenter le géant.

Le Pont des Fées, Remiremont

Cette mystérieuse muraille formées de milliers de petites pierres, reliant le Massif du Fossard et le Saint-Mont, est d'origine totalement inconnue. D'une longueur de 100 mètres, elle se dressait autrefois sur une hauteur de 12 mètres, pour 15 mètres d'épaisseur. D'aucuns disent qu'elle serait l'oeuvre de fées, et que l'une d'elle y aurait perdu un anneau. La personne qui trouverait cet anneau aura la chance de connaître un bonheur éternel.

Le Four des fées, Le Thillot

Un trou creusé dans le granit de la montagne du Haut-de-Lochère porte le nom de Four des fées. On dit que des fées y préparaient et cuisaient des gâteaux et friandises pour le plus grand bonheur des paysans des environs. Un jour, des paysans qui travaillaient non loin du four plaisantèrent en disant qu'un gâteau des fées serait le bienvenu. En repartant de leur champs, il trouvèrent un gâteau posé sur une serviette blanche, et même un couteau pour le partager. L'histoire dit qu'ils n'avaient jamais mangé de met si délicieux.

Le Trou des fées, Norroy

Dans le bois de Châtillon, près de Norroy, se trouvait un Trou des fées dans lequel les fées faisaient de la pâtisserie. Un jour, un paysan sentit une bonne odeur de tarte s'échapper de l'excavation. Il s'exclama alors que les fées feraient bien de lui apporter de la tarte. Peu après, il trouva une magnifique tarte déposée près d'un ballot de paille.

La Fée de l'Étang de Xennois, Saint-Etienne-lès-Remiremont

On raconte de l'étang de Xennois que des fées attendaient la nuit pour venir s'y baigner. Piqué par la curiosité, un petit garçon monta dans une barque, rama jusqu'au centre de l'étang et patienta que la nuit tombe. Offensées par cette intrusion, les fées firent chavirer l'embarcation et l'enfant se noya. La légende dit qu'on peut encore voir la barque au fond de l'étang.

Les Dolmens, Le Tholy

Au-dessus du village du Tholy, on dit que les fées avaient élu domicile, à l'endroit où subsiste un des seuls authentiques dolmens vosgiens.

Le Cuveau des fées, Le Void-d'Escles

Près de Void d'Escles, à quelques minutes de marche se trouve une sorte d'amphithéâtre où trône une pierre curieuse. Un bloc de grès taillé en cuvette ronde pour l'intérieur et de forme octogonale à l'extérieur. Cette pierre taillée est appelée "Cuveau des fées", on dit que ces dernières venaient jusqu'à ce bassin pour y baigner les nouveau-nés.  

Le Fardeau des fées, Val-d'Ajol

Le Val d'Ajol abrite un large amas de pierres appelé "le Fardeau des fées". Ces vestiges seraient les décombres d'un pont surnaturel. La légende raconte que ces pierres étaient portées par les fées sur leur tête et que l'une d'entre-elles échappa sa charge à cet endroit.

La Roche des Fées, Housseras

Le Roche des Fées à Housseras était un lieu où les femmes désirant avoir des enfants se rendaient.

Le "Rutschfelsen", Dabo

Au sud-est de Dabo en Moselle, se trouve une roche fertilisante, le "Rutschfelsen". Une roche fertilisante est une roche sur laquelle les femmes glissaient ou s'asseyaient dans l'espoir de pouvoir enfanter. Une autre de ces roches est présente un peu plus loin, le "Sattefelsen". Les femmes prenaient place sur cette roche dont sa forme de selle lui donna son nom.

Les Rochers de Meugeaux, Ventron

Une légende est rattachée aux rochers de Meugeaux, situés à 3 km de Ventron. On dit qu'une bergère qui se lamentait d'être trop pauvre pour pouvoir se marier reçut de la part d'une fée des richesses inespérées. Mais la bergère, devenue aussi orgueilleuse que riche, refusait désormais de se marier ne trouvant aucun homme assez digne d'elle. Apprenant cela, la fée la punit en la condamnant à nouveau à la pauvreté. Depuis la pauvrette file sa quenouille dans les Rochers, attendant qu'un homme la demande en mariage.

La Roche du Moutier des Fées, La Bresse

De "mottei" en patois lorrain, le terme "moutier" désigne une église. En effet, si vous vous promenez près du Moutier-des-fées, vous y trouverez une roche prenant la forme d'une vieille église romane. La Légende raconte que les fées s'y réunissaient pour danser.

Le Village des fées, Villouxel

A l'Ouest des Vosges, il est un ensemble de roches qui prit le nom de village des Fées. Y vivaient des fées pâtissières qui préparaient de délicieuses tartes ainsi que du bon vin. Elles vivaient comme de simples mortelles, et partageaient leur vie avec quelques humains qui travaillaient pour elles contre quelques pièces d'or.

Les Chaudrons des Fées, Étival

Il existe près d'Étival, sur la côte de Répy, un amas rocheux qui abrite plusieurs curiosités parmi lesquels se trouvent les Chaudrons des Fées. Ces chaudrons sont en fait trois cavités creusées dans le grès qui, dit-on, étaient alimentées en eau par les fées.

La Main de la Fée, Cheniménil

La Main de la Fée de Cheniménil est composée de grottes, d'excavations  et d'entailles recouvertes de nos jours par la végétation. La légende raconte qu'une fée, suite à son repos sur le rocher, pris appui sur ce dernier, et y laissa l'empreinte de sa main dans la pierre.

La Roche des Fées, Saint-Dié

Située sur l'Ormont, la Roche-des-Fées serait l'endroit où toutes les fées des Vosges se réuniraient pour tenir leurs grandes assemblées. Mais surtout, la Roche-des-Fées tiendrait lieu de portail menant à leur palais. Cette "Roche aux fées" était considérée comme le lieu de naissance des habitants de Saint-Dié et de sa région à l'image des "pierres à marmots" dans les montagnes des Vosges.

La Roche de l'Ormont, Saint-Dié

La roche de l'Ormont est entourée d'une légende. Les habitants de Saint-Dié savent que le mont renferme un très grand lac souterrain. Cet énorme lac ferait plus de 7 lieues de circonférence, et il s'en échapperait seulement un mince filet d'eau au niveau de la source du loup. On dit qu'il y a fort longtemps les méchants esprits de la montagne tentèrent de déverser le contenu du lac sur la ville de Saint-Dié. Les fées, qui vivaient non loin de là dans la Roche-des-fées vinrent au secours des habitants. La reine des fées défit sa ceinture magique et serra cette dernière avec l'aide de ses autres fées autour de la montagne, afin d'empêcher les eaux de s'écouler par la brèche ouverte par les mauvais esprits. Pendant longtemps, tous les 4 novembre était célébrée une messe, pour conjurer le mauvais sort et continuer de préserver les habitants de Saint-Dié de la noyade.

La Glacière de Kertoff, Gérardmer

Près de Gérardmer et Martinpré, on trouve un amoncellement de blocs de granit déboulés de la montagne de Nayemont. Entre ces blocs se trouve la fente dite de Kertoff, qui mènerait au palais troglodyte de la grande fée Polybotte. Un jour, un chevalier égaré se refugia à travers cette faille. Polybotte accueillit chaleureusement son hôte et tenta de le séduire. Mais le chevalier resta indifférent, et alors qu'il s'apprêtait à partir, la fée fit tomber un bloc de glace à l'entrée de la fente, emprisonnant le pauvre homme à jamais. C'est pour garder son beau chevalier près d'elle qu'on trouverait en toute saison de la glace dans la fente de Kertoff.

Le Château des Fées, Plombières-les-Bains

Le Château des Fées, situé sur la commune de Plombières-les-Bains, près de Clairefontaine, est un édifice dont il ne reste aujourd'hui que quelques ruines. Son origine n'est pas connue : certains le datent du XIe siècle, d'autres de l'époque mérovingienne, d'autres encore y trouvent des origines préhistoriques ou celtiques (présence de vestiges de ce qui semble être un dolmen). Les amateurs de folklore local se plaisent à penser qu'il était le port d'un ancien lac alimenté par le Rhin, ou qu'il fut construit par des fées qui, surprises par l'aurore du jour de Noël, durent interrompre leur chantier.

Les Dames vertes et le Saut des Cuves, Gérardmer

Il existe différentes familles de fée. Les Dames blanches sont peut-être les plus connues, mais il existe aussi des Dames vertes qui errent dans les bois et le long des cours d’eau. La Lorraine étant couverte de forêt sur un tiers de son territoire, on comprend que ces fées soient les plus répandues. Il y avait donc des Dames vertes qui hantaient les bords de la Vologne et le lac de Longemer. Si la nuit tombée un voyageur passait par là, les fées se jetaient sur lui et l’étourdissaient par leurs danses et leurs folles rondes. Puis l’une de ces Dames entraînait le malheureux jusqu’au Saut-des-Cuves et le menaçait de l’y jeter. Une fois que le pauvre homme eut assez pleuré et supplié les fées, elles le laissaient repartir dans de grands éclats de rire.